PRÉSENTATION DE "LA FEMME AU CANAPÉ"

INTERVIEW SUR RADIO SAINT-MARTIN,

émission « Tribune libre » du jeudi 6 décembre 2001, de 11 h 30 à midi, et du samedi 8 décembre 2001, de 11 h 00 à 11 h 30.

 

(Publié avec l'aimable autorisation de Bernard VINCENT et de Radio Saint-Martin)

 

RCF Saint-Martin est diffusé sur Tours (100.4 FM), Chinon (103.8 FM) et Loches (105.7 FM).
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Vous écoutez Radio Saint-Martin. Il est 11 h 30. Je vous propose de rejoindre sans tarder Bertrand VINCENT et son invitée. Voici « Tribune libre ».

 

V : « Est-ce que ça va ? Est-ce que vous en êtes sûr et certain ? Oui alors ça, c’est plutôt bizarre car si vous étiez à la place de Madame TARTENPION, et bien, vous vous poseriez certainement tout un tas de questions sur un tas de choses et cela risquerait de très mal finir. Alors Madame TARTENPION, ce n’est pas elle notre invitée, non, c’est Catherine RÉAULT-CROSNIER. Bonjour. »

CRC : « Bonjour. »

V : « Et merci de passer dans cette émission. Alors, Madame TARTENPION, en fait, c’est le personnage principal d’une pièce de théâtre que vous avez, vous, écrite il y a environ deux ans et qui fait l’objet, aujourd’hui, d’une petite publication. Nous donnerons le nom de l’éditeur à la fin de cette émission et nous dirons également où se la procurer, cette pièce. Pourquoi êtes-vous là aujourd’hui avec nous et bien, je crois, d’abord pour nous faire partager quelques minutes, quelques dizaines de minutes de sourires et de gags car en fait, c’est une pièce très, très drôle, disons-le tout de suite, une pièce où il arrive tout un tas de malheurs à une femme qui est rentrée chez elle. Est-ce que c’est bien ça ? »

CRC : « C’est tout à fait ça.. tout se passe dans un intérieur de maison avec un seul personnage et il lui arrive en effet, de petites choses banales mais qui s’accumulent et qui deviennent vraiment quelque chose de très, très comique par la répétition et c’est intéressant de voir ce qui peut arriver à n’importe qui finalement. »

V : « Alors, il y a un personnage principal, c’est elle. Mais il y en a aussi d’autres ? »

CRC : « Oui, tout autour d’elle, il y a des gens qui tournent, enfin qui tournent dans l’histoire parce que finalement ils ne parlent pas de leur propre voix mais ils parlent par son intermédiaire. »

V : « Et donc, sur scène, en fait, il n’y a qu’un seul comédien ou exactement une comédienne. »

CRC : « Une comédienne exactement. »

V : « Et d’ailleurs cette pièce a été jouée une fois, c’était à l’espace Gentiana. »

CRC : « Oui, à Voix Croisées, à Tours. »

V : « Donc revenons-en aux autres personnages. Il y a Ursule. Ça, c’est son petit ami. »

CRC : « Voilà. »

V : « Il y a également une voisine qui s’appelle ? »

CRC : « Madame TARTARE. »

V : « Et donc un autre personnage, plus exactement, c’est un animal ? »

CRC : « NESTOR, c’est son chat. »

V : « Donc au total, si je compte bien quatre personnages différents. »

CRC : « Et puis le docteur. »

V : « Ah, il y en a un quand même. »

CRC : « Oui, oui, comme elle a des problèmes de santé, elle a trop bu. Le matin, elle n’arrive pas à se lever pour aller au travail alors il faut qu’elle fasse venir son médecin pour l’arrêter ; ça permet de parler des arrêts de travail, des médicaments qu’on prend, d’aborder un petit peu ça en même temps. »

V : « Donc le titre de cet ouvrage, ça va de soi, c’est « La femme au canapé ». Elle y passe beaucoup de temps dans ce canapé ou pas ? »

CRC : « Oui, exactement, elle y passe presque toute la partie de la pièce de théâtre car il y a le téléphone à côté, il y a toute sa pile de journaux, il y a tous ses calendriers qu’elle a achetés pour les fêtes de Noël enfin donc c’est tout son univers. »

V : « Et puis la radio. »

CRC : « Et la radio est toute proche en effet. Elle fait partie prenante de la pièce. Elle l’écoute à plusieurs reprises. Elle l’écoute, hélas pour elle parce qu’à chaque fois, ça tombe à contre courant de ce qu’elle a besoin d’entendre mais ça permet de développer le comique. »

V : « Donc, ça, c’est une histoire que vous avez vous, élaborée, il y a environ deux ans. »

CRC : « Oui tout à fait. »

V : «  L’idée vous est venue à ce moment-là. Vous l’avez assez vite écrite ? »

CRC : « Oui, c’est vrai, c’est souvent ce que je fais d’ailleurs je prends le côté spontané tout de suite, dès que j’ai le déclic. »

V : « Et puis après et bien vous vous êtes dit pourquoi ne pas essayer de la jouer et c’est ce qui s’est passé. »

CRC : « Voilà, c’est ça. La première partie a été jouée et quand j’ai vu le plaisir qu’avaient les gens à l’entendre, je me suis dit « il faut que je la publie ».

V : « Alors nous aussi nous allons parler que de la première partie. Ce serait dommage d’aller jusqu’à la fin. En tout cas, ceux qui nous écoutent, pourront se procurer cet ouvrage, d’autant plus qu’il ne coûte pas très, très cher, moins de cent francs, moins de quatre-vingt francs même donc nous allons en lire un extrait. Allez-y. Je vais vous indiquer quelle page. Ah tout de même, l’introduction, ça, c’est important, page 9 : précisons donc et là, ce serait pour ceux qui seraient par exemple, devant une scène, que tous les objets utilisés pour la pièce sont imaginaires. On voit une femme. »

CRC : « Une femme et un canapé. »

V : « Une femme qui rentre chez elle et qui paraît très fatiguée. Alors qu’est-ce qu’elle dit ? »

CRC : Ah, je suis rentrée. Ouf ! Quels embouteillages, ce soir ! Je suis sur les nerfs. Trente minutes dans un bouchon, à avancer au pas ! Quand j’y pense, cela m’affole. Et avec ça, des idiots qui bloquent les croisements… »

V : « Donc elle est énervée. »

CRC : « Exactement. »

V : « Et c’est dommage car son patron, si je me souviens bien, lui avait pourtant permis de partir une demi-heure après. »

CRC : « Oui, de partir une demi-heure plus tôt car elle lui avait trouvé un dossier important qu’elle avait cherché partout. Il s’était énervé encore lui aussi parce que tout le monde s’énerve et elle avait cherché dans la poubelle alors il était très en colère. « Je ne l’avais quand même pas mis là ! » Finalement elle l’a trouvé entre deux tiroirs, ce n’était pas mieux mais bon alors après il lui a permis de sortir plus tôt de son travail. »

V : « Il n’a donc pas été trop ingrat. »

CRC : « Tout ça, pour avoir une demi-heure dans les embouteillages. Mais il ne pouvait pas le savoir. »

V : « Oui, ceci dit, pour elle, c’est dommage. »

CRC : « Ça continue et elle se demande si le plafond ne va pas lui tomber sur la tête. »

V : « Et puis on frappe à la porte, page 12. »

CRC : « Voilà. C’est le calendrier des Postes. C’est la saison des calendriers. Il n’y a pas que les postes. Je n’ai rien contre les Postes. Elle a le calendrier des postes, du facteur, des éboueurs, des porteurs de journaux, des handicapés mentaux, des aveugles. »

V : « Elle les a tous. »

CRC : « Elle croit qu’elle les a tous mais finalement vers la fin, il va y avoir aussi le calendrier des pompiers qu’elle n’avait pas. »

V : « On va essayer de lui refiler. »

CRC : « Exactement. »

V : « Alors, là, on a l’impression dans cette pièce, que vous en voulez un petit peu à tous ces gens qui viennent nous importuner, je dis bien nous importuner à domicile. »

CRC : « C’est exact. C’est vrai que des fois, on est lassé aussi bien par des gens qui sans arrêt, viennent nous importuner à domicile, en sonnant que de nous importuner par téléphone. Dans ce livre, c’est pareil ; on lui demande si elle veut un aspirateur, on lui demande… Elle est harcelée par téléphone. On est sans arrêt dérangé dans ce que l’on veut faire. C’est un peu ça que j’ai voulu dire dans ma pièce de théâtre, faire prendre conscience de tout ce que l’on a un peu autour de soi, qui vous arrive, qui vous tombe dessus sans qu’on le cherche. »

V : « Et elle, bien évidemment là, pour les besoins de la pièce, il lui arrive toutes ces catastrophes en même temps ou presque. Ceci dit, j’exagère en parlant de catastrophes car en fait, c’est elle qui s’imagine un certain nombre de choses. C’est vrai qu’il lui arrive plein de petites choses mais cela n’a pas de conséquences graves en réalité. »

CRC : « Finalement, il n’y a aucune catastrophe. Mais mais mais l’accumulation fait que ça devient très très fatiguant, usant. D’ailleurs elle va finir par en tomber malade. »

V : « . Et puis avant, elle va quand même se vautrer sur le canapé. C’est marqué tel quel page 14. »

CRC : « Et puis elle va aussi écouter régulièrement sa radio. »

V : « Voilà. Disons qu’elle attendait quand même quelqu’un ce soir-là, son petit ami, Ursule et puis lui, ne pourra pas venir en fin de compte car il va avoir un problème, lequel ? ».

CRC : « Je ne me rappelle plus. Il lui en arrive tellement. C’est sans arrêt qu’il lui arrive quelque chose à ce pauvre Ursule. »

V : « Là, en l’occurrence, il aura un accident de voiture et il ne peut pas venir. »

CRC : « Voilà, c’est ça. »

V : « Si là encore mes souvenirs sont bons, il avait lui aussi essayé de la rencontrer, donc TARTENPION, quelques jours ou quelques semaines avant, et lorsqu’il était venu, elle avait mis un parfum qui l’avait fait éternuer donc il avait été obligé de partir. »

CRC : « Il était allergique au parfum. Une autre fois, il est allé au restaurant. Il y a une arête de poisson qui s’est coincée dans sa gorge et il s’est retrouvé aux urgences. »

V : « Donc lui, se demande si ce n’est pas sa faute à elle et elle se demande s’ils sont faits pour aller ensemble. »

CRC : « Voilà, c’est ça, c’est un concours de circonstances. De même qu’il l’invite à un voyage un petit peu plus loin. Puisqu’ils n’arrivent pas à se rencontrer, ils fixent une date pour partir en voyage et puis c’est là qu’il va y avoir les grèves, les grèves de trains, d’avions, de voitures… enfin, les voitures ne peuvent plus rouler. »

V : « Décidément, ils n’ont pas de chance, quoi et puis restons en là, à cette soirée très très spéciale. Voilà que la sonnerie se met à retentir, celle de la porte d’entrée. Alors bien sûr, elle, elle arrive à toute vitesse, page 21. « Le voilà déjà, il est à l’heure ». Allez-y. »

CRC : « Le voilà. Il est à l’heure. J’arrive mon chou ! Non, ce n’est pas lui. Qui êtes-vous ? (…) Un chou, ça alors, c’est trop fort, il se moque de moi et l’autre qui va arriver et s’il trouve quelqu’un devant chez moi, ça va être un drame. Ça va faire une scène de ménage. Repartez monsieur, je vous en supplie ! (…) Quoi ? pas avant que je prenne votre calendrier ! Ça, c’est un comble, c’est du chantage (…) Il reste, il attend. Allez, filez, sans calendrier. Ne me remerciez pas. Partez ! ça y est, il est parti, j’ai eu chaud. Ah, que d’émotion ! Pourvu que tout se passe bien. Tiens, il est en retard maintenant. C’est bizarre, lui qui est toujours à l’heure. Tiens, je vais mettre un peu de musique pour ne pas m’énerver. Je ne suis pas énervée, hein. Zut, si, je suis énervée. Détendons-nous. »

V : « Voilà ; alors là, on est revenu un petit peu en arrière donc lui, il n’a pas encore téléphoné pour lui dire qu’il a eu des problèmes et donc elle, pour se détendre, qu’est-ce qu’elle fait ? Elle allume la radio et là, qu’est-ce qu’on lui annonce ? »

CRC : « Information de dernière minute. Une femme vient d’être étranglée par son amant alors qu’elle le recevait à dîner à la maison. Une simple scène de ménage est à l’origine du crime. »

V : « Merci d’avoir mis le ton. J’ai l’impression de me reconnaître avec tous les défauts qu’on a lorsqu’on présente ce type d’informations ; ceci dit nous, on l’évite quand même mais c’est vrai que là, pour elle, ça tombe vraiment très, très mal. Elle va encore plus se faire du souci à priori. »

CRC : « Exactement. »

V : « Ceci dit, ce n’est pas le cas donc évidemment elle rendit, elle éteint la radio, après elle se dit que peut-être ça va s’arranger. »

CRC : « Ça ne s’arrange jamais. Ce n’est jamais pire, ce n’est jamais mieux. Les gags continuent. On se demande jusqu’où ça va aller dans ce qui peut lui arriver. »

V : « Elle finit même par s’endormir. On se demande comment c’est possible. »

CRC : « Oui, oui, c’est sûr. Elle se dit « Pauvre Ursule, il y en a qui n’ont pas de chance » et elle s’endort en pensant à lui, faute de le voir. »

V : « Voilà. Alors vous, à qui avez-vous pensé finalement à travers cette femme-là ? Est-ce que vous avez pensé à toutes les femmes ou à tous ceux et celles qui, tous les jours, sont confrontés à une multitude de petits problèmes de ce type-là ? »

CRC : « J’ai plutôt pensé à tous les humains qui étaient harcelés finalement de petits gags successifs, de petites choses qui arrivent dans la vie quotidienne et qui ont du mal à s’en sortir. On ne fait pas forcément ce qu’on voudrait faire parce qu’autour de soi, il se passe plein de petites choses qui nous font dévier de ce qu’on veut faire. Il y a les calendriers qui arrivent, il y a le marchand de pommes de terre, il y a la radio qui nous déverse son flot. Hélas, moi aussi, je déverse mon flot mais qui ne va pas , hélas, dans le sens qu’il faudrait par rapport à nos soucis. »

V : « Est-ce que ce n’est pas aussi pour vous défouler que vous l’avez écrite, cette pièce ? »

CRC : « Oui, c’est un petit peu une lassitude par rapport aux coups de téléphone, téléphone d’anonymes qui vous posent plein de questions ; on est en train de manger, on nous coupe le repas pour nous demander des choses tout à fait banales. »

V : « Mais alors pourquoi ne pas couper son téléphone, carrément ? »

CRC : « Oui mais alors on ne sait pas si c’est quelqu’un qu’on aime bien qui vous téléphone. Alors on a aussi envie de répondre à ceux qui nous sont sympathiques. »

V : « Mais alors là, est-ce qu’on ne devient pas esclave un peu, de tous ces objets qui nous entourent et là je pense encore plus à notre objet, le téléphone portable. »

CRC : « On est esclave ; j’ai d’ailleurs fait une pièce de théâtre « Le téléphone portable » ».

V : « Ah, elle sortira peut-être. »

CRC : « Espérons-le. »

V : « Dans quelques semaines, quelques mois, quelques années, non ? Vous ne savez pas encore ? »

CRC : « C’est une pièce pleine de gags. Si je peux la sortir, je la sortirai. Mais c’est vrai qu’on est tributaire de la vie moderne. On utilise les objets mais en même temps, les objets nous prennent, nous possèdent. »

V : « C’est une sorte d’esclavage, non ? »

CRC : « Exactement. On est esclave de la modernité, on pourrait dire. Il faut savoir utiliser les objets, on en a besoin mais en même temps, il ne faut pas en être trop dépendant. C’est d’ailleurs pour ça que je n’ai pas de téléphone portable alors que je devrais en avoir un. »

V : « Ah là, là, qu’est-ce qui risque de vous arriver ? Si vous en achetez un, on ne sait pas ce qui risque de vous arriver. Pour l’instant, si vous vous en passez, continuez. Revenons-en à madame TARTENPION. Elle, elle s’est endormie et après, que se passe-t-il ? »

CRC : « Elle se réveille, elle se réveille mais elle n’est pas bien. Elle ne se sent pas bien. Elle fait un cauchemar ; son chat s’est brûlé : « Mon chat s’est brûlé les pattes et le visage à une plaque électrique de la cuisinière, qui était encore chaude. C’est affreux. Il est hideux, a un œil vide et les oreilles carbonisées. (p. 25) » Alors, elle faisait un cauchemar bien sûr et pour un réveil, c’est un sacré réveil alors elle se dit, je vais prendre une bonne douche, ça va me remettre les idées en place. »

V : « Et là, quelle heure est-il ? Est-ce qu’il est minuit, deux heures du matin, est-ce qu’on sait ça ? »

CRC : « Le lever, on ne sait pas. Dans la troisième partie, on le sait page 45. C’est l’après-midi. Ça s’appelle après midi et alors elle se réveille et elle entend sonner douze coups dehors et elle dit : « Ah, il est minuit, l’heure du crime et je me réveille juste à ce moment-là. »(p. 45) et finalement c’est midi. Elle n’a pas bien dormi comme il fallait. »

V : « Ça finit par l’atteindre, j’ai l’impression, là, sérieusement, non ? »

CRC : « Oui, quand même malgré tout. Elle frissonne, elle ne se sent pas bien et puis c’est sa voisine qui sonne et elle croit que c’est un voleur parce qu’il est minuit. »

V : « Et puis à un moment, elle va se poser la question « est-ce que je dois prendre des médicaments pour essayer de dormir ? »

CRC : « Exactement, parce qu’à force, tout ça, ça finit par retentir sur son psychisme. Elle n’en peut plus alors finalement elle va faire un petit cocktail. Elle va prendre un peu de médicaments, un peu d’alcool. »

V : « Ça se complique, là, disons-le. Au départ, on se disait, ce n’est pas trop grave après tout, ce ne sont que de petits problèmes. Ceci dit, petit problème plus petit problème, ça en crée de très, très gros et c’est peut-être ça que vous avez voulu dire : attention, il y a un moment où il faut prendre du recul. »

CRC : « Oui, c’est vrai, c’est vrai, on ne se rend pas toujours compte qu’on prend des médicaments, qu’on prend de l’alcool, qu’on fume parce qu’elle aussi elle fume pour se détendre et finalement, c’est un engrenage, des fois. Plus on utilise ces choses-là et plus ça va mal en voulant aller mieux. C’est une manière d’en parler en faisant rire. »

V : « Voilà exactement. C’est une pièce qui est faite pour rire. Ceci dit, elle est faite aussi pour réfléchir sur notre comportement à nous, à nous tous ? »

CRC : « Exactement, on parle aussi des arrêts de travail parce qu’elle est obligée de s’arrêter dans son travail ; on se rend compte que, bon, elle en avait besoin en effet mais si elle n’avait pas bu, si elle n’avait pas …, etc. elle n’en aurait pas eu besoin donc on voit un petit peu ce qui peut nous arriver. »

V : « Est-ce qu’il y aurait un remède peut-être, pour cette femme-là, à votre avis ? »

CRC : « Ah, un remède, ça, ce n’est pas facile. Ah, si elle arrivait à rencontrer Ursule, je pense que ça irait certainement mieux. »

V : « Qu’elle y trouver ait un équilibre ? »

CRC : « Tout au moins, elle oublierait un peu ses soucis mais… »

V : « Ce n’est pas sûr. Ce n’est pas sûr parce qu’à chaque fois, rappelons-le, à chaque fois qu’ils se rencontrent, il y a un problème, oui, oui, oui. »

CRC : « Alors pourtant à la fin, page 57, « Et puis Ursule, lui, il me comprend ! Je crois que nous sommes faits pour nous entendre. Bien vite ce soir ! » C’est comme ça que ça se termine. Elle y croit quand même. Peut-être que c’est même son petit espoir, même si ça ne marche pas bien. »

V : « Alors laissons un petit peu de côté cet ouvrage dont je rappelle le titre tout de suite, « La femme au canapé », laissons-le de côté et parlons des autres projets que vous avez, vous peut-être en tête. Dites-nous en dehors de celui-ci, dites-nous quels sont les autres livres, recueils que vous avez, vous, écrits. »

CRC : « J’ai écrit « Poésie de Vie », un recueil de 104 poèmes tous illustrés d’un dessin à l’encre de chine en 1985 et j’ai écrit « Entre Insouciance et Violence » qui a eu la Médaille d’argent de l’Académie Internationale de Lutèce en 1996 sur le thème de la maternité et puis j’ai sorti un CD « Poèmes pour rire en famille ». Les livres de poésie sont en vente à la Boite à Livres. »

V : « Voilà et donc deux ans séparent les deux premiers ouvrages, onze ans pardon. »

CRC : « Onze ans séparent les deux premiers ouvrages. À l’heure actuelle, cela va un petit peu plus vite puisque c’est en 1996, « Entre Insouciance et Violence » et le CD, ça doit être en 2000, je crois, à peu près, et puis « La femme au canapé » en 2001. Il semblerait que ça se rapproche un peu plus au niveau des parutions. »

V : « Alors, à quoi c’est dû, ça ? »

CRC : « Peut-être un besoin de partager ce que j’écris, de le sortir plutôt que de le garder dans mes tiroirs, d’en faire profiter beaucoup de gens. »

V : « Et peut-être aussi qu’il y a une certaine reconnaissance du public parce que là, cet ouvrage, lui, n’a pas été publié à compte d’auteur. »

CRC : « C’est ça. C’est l’Édition des écrivains et donc en effet, il paraît dans les grandes librairies ; donc il devrait avoir une diffusion plus importante que mes autres livres. Et c’est peut-être aussi pour ça que ça m’a donné le déclic de le sortir ce livre. »

V : « Et puis j’imagine que vous aimeriez, vous, que cette fois-ci, la pièce soit jouée en entier ? »

CRC : « Ah, bien sûr, ça serait avec un grand plaisir. Si une troupe de théâtre veut la jouer, ça sera un grand plaisir pour moi, une reconnaissance. La couverture est en couleurs ; c’est une de mes peintures à la cire puisque je suis aussi artiste et je viens d’obtenir de vendredi dernier, la Médaille de bronze de l’Académie Internationale de Lutèce, pour mes peintures à la cire. »

V : « Et en l’occurrence, cette couverture pour cet ouvrage, « La femme au canapé », elle représente à priori, je dis bien à priori, une bouche très maquillée, c’est ça ? »

CRC : « Oui, c’est le canapé qui est rouge vif et qui ressemble un peu à une bouche qui engloutit un peu la femme et sur le côté, il y a Nestor, il y a le petit chat noir qui est là, qui regarde ce qui se passe quand même. »

V : « Et il est noir, attention. »

CRC : « Il est noir. »

V : « Sinon il n’irait pas dans le décor. »

CRC : « Il faut un chat noir. »

V : « Vous êtes, vous, également membre de l’Académie Berrichonne. Qu’est-ce que c’est ? »

CRC : « C’est une Académie Littéraire provinciale, du Berry comme son nom l’indique, dont je suis membre depuis 1986 et qui permet à des écrivains de se rencontrer, de parler entre eux. Alors moi, j’y suis rentrée parce que j’ai fait un article sur Maurice ROLLINAT qui est berrichon, un poète berrichon et mon article avait beaucoup intéressé l’Académie Berrichonne et j’étais rentrée grâce au Professeur Gabriel SPILLEBOUT qui est un grand Professeur hélas décédé d’ailleurs. »

V : « Vous êtes aussi à l’origine du mur de poésie ? »

CRC : « Le mur de poésie de Tours, ce sera le troisième, cette année, du 16 au 27 mars 2002, à la Bibliothèque Municipale de Tours. Il faut venir le voir, il faut venir. Le moment le plus important, ce sera le samedi 16 mars après-midi avec l’exposition, le spectacle de poésie à 16 h 30, le Banquet de la poésie pour tous ceux qui voudront venir. »

V : « Alors, c’est quoi exactement, le mur de poésie de Tours ? »

CRC : « Le mur de poésie, c’est un grand moment de partage entre poètes et tourangeaux c’est-à-dire chaque poète peut m’envoyer son poème, à mon adresse : 54 rue du docteur Ledouble à Tours. Je rassemble le plus grand nombre de poèmes possible et on fait des murs de poésie. On rassemble les gens par affinité, par association. On fait des murs. Les briques, ce sont des poèmes et on fait les plus grands murs possibles, de manière à rassembler beaucoup de gens qui parlent autour de la poésie. L’an dernier, on a eu 546 poètes. »

V : « Donc là, n’importe qui peut vous contacter, c’est ça ? »

CRC : « N’importe qui peut m’envoyer son poème, de préférence avec une enveloppe timbrée pour que je puisse échanger, lui donner les informations. »

V : « À quelle adresse ? »

CRC : « 54 rue du docteur Ledouble, 37000 TOURS. »

V : « Ça tombe plutôt bien puisque vous êtes médecin, cette adresse, ça tombe plutôt bien. »

CRC : « Voilà, exactement mais avant j’habitais place Rabelais alors Rabelais, médecin et écrivain, Ledouble, professeur, médecin, écrivain qui a expliqué des textes de Rabelais. »

V : « Donc il y a aussi une certaine coïncidence. »

CRC : « Exactement. »

V : « Non seulement pour madame TARTENPION… »

CRC : « Mais pour moi aussi. »

V : « Donc on retrouve peut-être certains points communs. Je crois d’ailleurs que beaucoup de gens y retrouveront certaines choses dans ce livre-là. Je crois qu’on s’est tous retrouvé à un moment ou un autre dans une situation telle que celle que vous décrivez, vous. »

CRC : « Tout à fait, tout à fait. Je pense qu’on s’y retrouve, on en rit et puis on doit pouvoir en sortir des petites choses pour soi, pour réfléchir dessus, pour voir comment on vit et on ne fait pas attention à la manière dont on vit et là, on peut en prendre conscience. »

V : « Et peut-être ne pas dériver comme la femme au canapé. »

V : « Alors rappelez-nous le nom de l’éditeur. »

CRC : « Aux Éditions des écrivains, « La femme au canapé » de Catherine RÉAULT-CROSNIER. »

V : « Le prix, également ? »

CRC : « 78,70 Francs ou 12 €. »

V : « Rappelez-nous quand aura lieu le mur de poésie ? »

CRC : « Le mur de poésie où vous pourrez me retrouver, c’est du 16 au 27 mars, de 15 à 18 h. C’est ouvert sauf les dimanches et les jeudis.

V : « Et ce sera donc à la Bibliothèque municipale de Tours. »

CRC : « À la Bibliothèque municipale de Tours et c’est gratuit. »

V : « Voilà, bien. Merci beaucoup Catherine. Espérons que ceux qui nous ont écoutés, prendrons beaucoup de plaisir à lire cet ouvrage qui est très, très drôle, reconnaissons-le et en plus, il se lit très rapidement. Merci. »