"Mur de poésie de Tours" 2005

Membres de l’association "Poètes en Berry"

 

LES FEMMES QUI SONT EN MOI

 

Plusieurs femmes vivent en moi,
Se croisent, parfois se disputent
Puis reviennent en grand émoi
Cohabiter, puis jouent des flûtes…

Il y a d’abord la jouvencelle,
Celle qui ne veut pas grandir,
L’incorrigible péronnelle
Qui a quinze ans pour l’avenir.

Elle ne veut que rire, rire,
Son seul but , c’est de s’amuser.
L’optimisme étant son empire,
C’est facile de l’abuser.

Près d’elle, vit la paresseuse
Pour qui « travail » est un gros mot ;
Celle-là ne se sent heureuse
Qu’allongée au pied d’un ormeau.

Attention ! Voilà l’éplorée !
Il faut préparer les mouchoirs.
Elle est veuve, fut adorée,
Et se complaît en désespoir.

Elle est sœur de la centenaire
Qui attend la mort pour bientôt ;
Elle a mal partout, elle espère,
Vite, Charon et son bateau.

J’aime mieux sentir le poète,
Qui chante en elle avec ses pieds,
D’un bouquet de mots fait la fête
En quelques rimes sur papier.

Sa fille est bien sûr, l’immortelle,
Parée jusqu’au cou de lauriers ;
Du moins, quelquefois, le croit-elle
Et veut que vous la rassuriez.

Toutes ces femmes, une à une,
Changent mon humeur, mon esprit.
Elles sont soumises à la lune…
De laquelle êtes-vous épris ?

 

Ginette MAUR