"Mur de poésie de Tours" 2004

Membres de l'Union Mondiale des Écrivains Médecins

 

IGUAZÚ - DAS GROSSE WASSER

 

Ein riesiges Rund
auf e i n m a l nicht zu fassen
ein mächtiges Ganzes
doch lebendig geteilt
in Kleines und Grosses

ein ruhiger Fluss
in weiter Fläche
wirkt sanft und schön
noch ahnt man nicht
die reissende Kraft

d i e zeigt sich im Nu
beim Sturz in die Tiefe
unfassbar gewaltig

es glitzern in Schönheit
die schimmernden Säulen
sekundenschnell wechselnd
und doch stets die gleichen
zerspringend zu Dampf
zu Myriaden von Tropfen
wie wenn ein Teufel
die Wasser kochte
und in den Nebel
sich dann verzieht

der Bruch der Erde
von immenser Mächtigkeit
lässt ein Wunder entstehen
fürs Auge wie Himmel
trotz Teilung ein Ganzes
wo Menschen als Stäubchen
wie Tröpfchen der Gischt
sich finden und fühlen
ein ewiges Strömen und Fallen
Zerstäuben, sich Sammeln

ein Bild unsres Lebens ?
zuweilen ein Gleiten
ein Tosen manchmal
ein jeder Mensch wie ein Fluss
oft völlig zersplittert
doch dann wieder ruhig
zu Zeiten ein Tun
und dann wieder Ohnmacht

dies Rund lässt uns schauen
die Vielfalt der Welt.

 

David KÜNZLER

Peinture de David KÜNZLER, illustrant son poème IGUAZÚ – LA GRAND’EAU

 

Peinture de David KÜNZLER, illustrant son poème IGUAZÚ – LA GRAND’EAU

 

Peinture de David KÜNZLER, illustrant son poème IGUAZÚ – LA GRAND’EAU

David KÜNZLER est né en 1933. Il a fait ses études de médecine puis est parti travailler quatre ans au Ghana (Afrique de l’Ouest). De 1973 à 1995 il a exercé la médecine générale à Hausen a/Albis. Depuis, il est retraité. Il se consacre à la peinture et au dessin depuis des années. Il écrit des poèmes depuis les années 1990.

 

IGUAZÚ – LA GRAND’EAU

 

Un cercle géant,
Insaisissable d’un seul regard
Un tout énorme
Mais partagé avec vivacité
En petits et grands

Une rivière tranquille
Étalée dans une large plaine
Une impression de douceur et de beauté
On ne pressent pas encore
La force impétueuse

Qui d’un coup abrupte se montre
Avec la chute dans l’abîme
D’une inconcevable violence

Les colonnes brillantes
Scintillent de toutes leurs beautés
Varient d’une seconde à l’autre
Tout en restant pareilles
Elles éclatent en vapeur
En myriade de gouttes
Comme si le diable
Faisait bouillir les eaux
Et puis s’enfuyait
Dans le brouillard

La rupture de la terre
D’une puissance immense
Fait naître un miracle
Pour les yeux comme le ciel
Un tout malgré l’éclatement
Où l’être humain se retrouve poussière
Telles les gouttes de l’écume
Et ressent un éternel va-et-vient
Chute, vaporisation, rassemblement

Une image de notre vie ?
Parfois un glissement
Quelquefois un mugissement
Pour tout un chacun comme un fleuve
Dispersé ou agité
Puis calmé, détendu
En temps des activités
Suivi de nouveau d’impuissance

Ce cercle nous fait voir
La multiplicité du monde

 

(traduction : Françoise VERREY BASS)