"Mur de poésie de Tours" 2003Poètes dont une rue de Tours porte le nom

 

LE DORMEUR DU VAL

 

C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

 

Octobre 870

 

Arthur RIMBAUD

(1854 - 1891)

 

Poète français né à Charleville, il écrit à Paris, dès l’âge de dix-sept ans, des poèmes dont « Le Bateau ivre ». Il pense que la poésie vient d’une « alchimie du verbe » et des sens. Son amitié avec Verlaine se termine par un coup de revolver. Profondément choqué, il écrit les poèmes en prose d’ « Une Saison en enfer ». À vingt ans, il a terminé son œuvre et mène une vie errante de voyageur. « Illuminations », recueil de prose et de vers libres est publié en 1886. Il meurt à Marseille alors que sa poésie commence à être reconnue comme l’aboutissement de recherches romantiques et baudelairiennes. Ses écrits ont influencé la poésie moderne.

 

Une rue et une école de Tours portent son nom.