Maurice Rollinat et les oubliés

dans Paysages et Paysans

 

 

Les journées annuelles des Amis de Maurice Rollinat à Argenton-sur-Creuse n'ont pas pu avoir lieu les 21 et 22 novembre 2020 en raison du contexte lié au Covid-19. J’avais préparé cette conférence pour la soirée de poésie du samedi 21 novembre, pour montrer combien Maurice Rollinat mettait à l’honneur les petites gens, les rejetés, les délaissés, sans emphase, sans parti pris. Je dirai même qu’il avait l’art de les mettre à l’honneur sans jugement, sans à priori. Corbeaux et serpents auront aussi leur place ici car Maurice Rollinat a décrit les bêtes mal considérées, charognards et animaux venimeux. Nous vous la proposons ci-après :

Catherine Réault-Crosnier

 

Maurice Rollinat (1846 – 1903), poète et musicien du fantastique de la fin du XIXème siècle, nous étonnera toujours par la grande variété de ses facettes.

Ami des petits, des pauvres, des fragiles, des délaissés, il sait présenter avec talent les mal aimés, les oubliés qu’ils soient animaux ou humains. Nous pouvons les retrouver dans tous ses livres.

Dans son livre, Paysages et Paysans, paru en 1899 donc quatre ans avant sa mort, nous admirons l’art du poète qui les présente de manière dynamique et expressive. Il les montre très vivants, de multiples manières, sans à priori, variant presque à l’infini les situations et les états d’âme.

Jamais lassé d’innover, Maurice Rollinat jongle avec les mots et les rythmes. Arrêtons-nous quelques instants sur sa fougue de création. Sa dextérité est immense. Par exemple, dans le poème « Frère et sœur », il utilise les alexandrins dans les deux premiers quatrains sans mettre la césure au milieu du vers. Dans la première strophe, il commence par une pause tous les trois pieds, créant un effet de balancier encore différent ailleurs. Après les deux premières strophes, suit un ensemble de sept vers aux rythmes et césures inhabituels ; il alterne deux octosyllabes puis deux alexandrins avant de terminer par deux octosyllabes, dont le dernier nous étonne avec ces neuf pieds. Il agit à sa guise, s’éloignant du côté mathématique du comptage, privilégiant l’essentiel, la beauté du sens et du rythme. Certains l’ont surnommé précurseur du vers libre.

Par exemple, il décrit avec délicatesse, deux enfants qui affrontent ensemble, la peur avant d’atteindre la sérénité :

FRÈRE ET SŒUR

Frère et sœur, les petiots, se tenant par la main,
Vont au rythme pressé de leurs bras qu’ils balancent ;
Des hauteurs et des fonds de grands souffles s’élancent,
Devant eux le soir lourd assombrit le chemin.

Survient l’orage ! avec tout l’espace qui gronde,
Avec le rouge éclair qui les drape de sang,
Les barbouille de flamme en les éblouissant ;
Enfin, la nuit les perd dans la forêt profonde.

Ils ont peur des loups ! mais, bientôt,
Ils s’endorment. Et, de là-haut,

La lune qui verdit ses nuages de marbre
Admire en les gazant ces deux êtres humains

Sommeillant la main dans la main,
Si petits sous les si grands arbres !

(Paysages et Paysans, p. 57)

Ailleurs, par le talent de Rollinat, nous rencontrons Mathurin, gars du terroir, qui conduit dans sa carriole, une Dame. Le poète donne la parole au conducteur puis met sur ses lèvres une sentence inattendue mais reflétant la spontanéité de cette scène prise sur le vif :

LE CRI DU CŒUR

Rondement, Mathurin
Mène dans sa carriole
La Dame qui s’affole
De filer d’un tel train.

Elle crie au trépas !
Le vieux dit : « Not’ maîtresse,
N’soyez point en détresse
Puisque moi j’y suis pas.

Si y avait du danger
Vous m’verriez m’affliger
Tout comm’ vous, encor pire !

Pac’que, j’m’en vas vous dire :
J’tiens à vos jours, mais j’tiens
P’têt’ encor plus aux miens. »

(id., p. 104)

Maurice Rollinat n’enjolive jamais les situations. Il raconte les faits tels qu’ils sont. Présentant un certain « roi », il met en scène un buveur invétéré venant de perdre sa femme, il rend le cocasse de la scène telle qu’il l’a certainement vue et entendue :

LE ROI DES BUVEURS

Tenez ! fit le soulard à bonnet de coton,
Allumant ses yeux ronds dans sa figure en poire,
J’ai connu plus buveur que moi. Voilà l’histoire
De celui qu’on app’lait l’maître ivrogn’ du canton :

« Puisque ma femme est mort’, moi j’suis, dit l’pèr’ Baraille,

Excusab’ en bonn’ vérité,

Si, c’te malheureus’ fois, encor ben plus j’déraille

D’la lign’ de la sobriété ! »

On change la défunte ? i’ va boire ! – on la veille ?

D’temps en temps i’ s’en vers’ deux doigts.

L’cercueil arrive et l’trouve à sucer la bouteille :

Pendant l’ensev’lis’ment ? i’ boit !

(…)

(id., p. 117)

Le poète nous fait aussi rencontrer une femme que personne n’ose regarder. Il a l’art de nous faire attendre la raison. Il donne la parole à cette femme qui s’exprime en patois berrichon. Pour comprendre, nous devons attendre la chute finale. Là encore, Maurice Rollinat excelle dans l’art de la surprise sans fioriture, par la bouche de cette femme bannie :

LA RÉPROUVÉE

Quelle était donc, ainsi, tout de noir recouverte,
Cette femme, là-bas, d’un si lugubre effet,
En me croisant, m’ayant laissé voir qu’elle avait
Le crâne dans du linge et la figure verte ?…

Mais, verte ! de ce vert végétal, cru, blanc jaune,
Comme un gros masque d’herbe et de feuilles de chou !
Elle avait passé là, d’un pied de caoutchouc,
Sans bruit, avec un air de chercheuse d’aumône.

Je la suivais des yeux, je la suivis des pas ;
Et, quand je fus près d’elle, en tremblant, presque bas,
Dans le son de ma voix mettant toute mon âme ;
« Mais qui donc êtes-vous, lui dis-je, pauvre femme ? »

Alors, parlant de dos, elle me répondit :
« C’que j’suis ? Vous n’savez pas ? eh ben ! j’suis l’êtr’ maudit !

Oh ! l’plus misérable et l’plus triste
Comm’ le plus inr’gardab’ q’existe !

N’ayant rien qu’à s’montrer pour fair’ le désert ;
J’suis la femm’ dont, au moins depuis vingt ans, l’cancer
A mangé p’tit à p’tit la fac’, comme un’ lent’ bête ;
Celle qui traîne après ell’ du dégoût et d’l’effroi,
A qui, s’renfermant vit’, les gens de son endroit

Donn’ du pain en r’tournant la tête ! »

(id., pp. 137 et 138)

Bien sûr, nous côtoyons l’art du fantastique de Maurice Rollinat, si fréquent dans ses écrits. Il sait aussi retenir notre attention avec talent par des paroles choisies dans une description très fine de la vie de tous les jours et par la chute finale, imprévisible, nous ouvrant les portes d’un autre horizon :

LE PÈRE PIERRE

Fantastiques d’aspect sous leur noire capote,
Mais, très humaines par leurs caquets superflus,
Les commères, barrant la route aux verts talus,
A la messe s’en vont d’un gros pas qui sabote.

« Tiens ! v’là l’pèr’ Pierr’ ! fait l’une, un malin, celui-là !
Pour accrocher l’poisson quand personn’ peut en prendre ;
I’dit q’quand il a faim, d’fumer q’ça l’fait attendre,
Et qu’un’ bonn’ pip’ souvent vaut mieux qu’un mauvais plat. »

L’homme les joint bientôt. En chœur elles s’écrient :

« Il faut croire, à vous voir marcher
En tournant l’dos à not’ clocher,

Q’v’allez pas à la messe ! » et puis, dame ! elles rient…

« Moi ? si fait ! leur répond simplement le vieux Pierre,
Mais, tout par la nature ! étant ma seul’ devise,

J’vas à la mess’ de la rivière
Du bon soleil et d’la fraîcheur,
Avec le ravin pour église,
Et pour curé l’martin-pêcheur. »

(id., pp. 153 et 154)

Maurice Rollinat peut présenter l’innocence d’une fillette qui découvre son corps dans son reflet sans le connaître encore ; le poète manie l’art de la spontanéité pour la décrire en union avec la nature. Nous pourrions même dire qu’elle vit en communion avec les éléments tellement son être et ce qui l’entoure sont intriqués :

LA BELLE DAME

Dans le chaland moussu, la petiote ignorant

Sa figure comme son âme,

Pour la première fois, près de sa sœur qui rame,

Va sur l’étang vert transparent.

« Oh ! fait-elle, soudain, vois donc la belle dame

Là, dans l’eau, l’œil bien grand… bien grand ! »

Et, le cœur gros, les yeux déjà mouillés, reprend :

« Moi ! j’voudrais ben l’embrasser, dame ! »

La sœur répond : « Pleur’ pas ! c’te personn’là, ma foi !

Est ni plus ni moins bell’ que toi. »
Puis, elle ajoute, goguenarde :

« Au surplus, ton envie est commode à passer !

Tu n’as toi-mêm’ qu’à t’embrasser
Puisque c’est toi-mêm’ que tu r’gardes. »

(id., p. 223)

Dans une chaleur d’enfer, Maurice Rollinat décrit un homme vieilli, fatigué dans son dur labeur quotidien, répétitif. Avec beaucoup de délicatesse, il le lie à l’amour, à la mort et au ciel rougeoyant :

LE FORGERON

Dans sa forge aux murs bas d’où le jour va s’enfuir,
Haut, roide, et sec du cou, des jambes et du buste,
Il tire, mécanique, en tablier de cuir,
La chaîne d’acier clair du grand soufflet robuste.

Il regarde fourcher, rougeoyer et bleuir
Les langues de la flamme en leur fourneau tout fruste,
Et voici que des glas tintent sinistres… juste :
Le crépuscule alors vient de s’évanouir.

Croisant ses maigres bras poilus,
Il songe à celle qui n’est plus.
Dans ses yeux creux des larmes roulent,

Et le brasier dont il reluit,
Sur sa joue osseuse les cuit
A mesure qu’elles y coulent.

(id., p. 224)

Chez Maurice Rollinat, le macabre et le sombre prennent mille facettes sans jamais nous lasser. Par exemple, ils surgissent d’une scène animalière prise sur le vif :

REPAS DE CORBEAUX

C’est l’heure où la nuit fait avec l’aube son troc.
Dans un pays lugubre, en sa plus morne zone,
Précipité, profond, massif comme le Rhône
Un gave étroit, muet, huileux, mou dans son choc ;
Sol gris, rocs, ronce, et là, parmi les maigres aunes,
Les fouillis de chardons, les courts sapins en cônes,
Des corbeaux affamés qui s’abattent par blocs !
Ils cherchent inquiets, noirs dans le blanc des rocs ;
Tels des prêtres, par tas, vociférant des prônes,
Ils croassent, et puis, ils sautent lourds, floc, floc !
Soudain, leur apparaît, longue au moins de deux aunes,
Une charogne monstre, avec l’odeur ad hoc !
Ils s’y ruent ! griffes, becs taillent, frappent d’estoc.
Acharnés jusqu’au soir, depuis le chant du coq,
Ils dévorent goulus la viande verte et jaune
Dont un si bon hasard leur a fait large aumône.
Puis, laissant la carcasse aussi nette qu’un soc,
Se perchant comme il peut, tout de bric et de broc,
Dans un ravissement que son silence prône,
Au-dessus du torrent, le noir troupeau mastoc,
Immobile, cuvant sa pourriture, trône
Sous la lune magique aux deux cornes de faune.

(id., p. 225)

Le poète peut donner la parole à deux hommes qui se répondent de manière très expressive, en patois berrichon. Il choisit une chute finale où règne l’émotion :

LE CENTENAIRE

Près du laboureur poitrinaire,
Devant sa porte, au jour tombant,
Est venu s’asseoir sur son banc
Le patriarche centenaire.

Et, comme le gars se désole,
Dit qu’on va bientôt l’enterrer,
L’ancêtre, pour le rassurer,
Lui répond : « T’es jeun’, ça m’ console.

Ton temps est pas v’nu d’dire adieu
A tout’ les bell’ choses de la vie.
L’soleil, l’air, te r’mettront ; j’me fie
A ces grands méd’cins du bon Dieu.

L’hiver, l’arbre est en maladie,
I’ n’a plus d’oiseaux ni d’couleurs,
Mais, i’ r’prend ses musiq’, ses fleurs :
C’n’est que d’la nature engourdie.

Et puis, pour les tiens, d’si brav’ gens,
Qui sont pas avancés d’argent,
Faut q’tu viv’ ! t’es utile encor.

Tandis q’moi, tant d’âg’ me suffit.
Maint’nant, plus à charg’ qu’à profit,

(id., pp. 226 et 227)

Maurice Rollinat met rarement en scène des enfants. Dans une atmosphère sombre, il peut utiliser un oxymore pour renforcer ses idées, liant « sournois » et « extase » puis il imprègne la scène d’une angoisse envahissante. Ses idées macabres ressurgissent ; son tempérament névrosé envahit tout, en miroir de son imprégnation fantastique et morbide :

L’ENFANT EMBOURBÉ

Il marche. – Le soir vient sournois
Dans la grande plaine de vase
Dont les hôtes, en tapinois,
Se décroupissent de l’extase.

Et, tous ces mystères de voix
Confondent leurs horribles phrases.
Sanglant, le soleil se rembrase,
Puis meurt. Il fait un noir de poix.

Et, dans ces trous que son pied rase,
L’enfant se perd, hurlant d’effroi :
Car il sent – mou, plat, grouillant, froid –
Monter vers lui ce qu’il écrase
Dans la grande plaine de vase.

(id., p. 270)

Ailleurs, le poète nous surprend par son choix des deux personnages principaux comme le titre de ce poème le souligne « La Ronce et le Serpent ». Dans la nature gardienne de la première place, il laisse jaillir l’angoisse envoûtante mais cette fois elle est vaincue par une note d’humour inattendu :

LA RONCE ET LE SERPENT

Foisonnantes, couvant des venins séculaires
Dans ce marécageux semis d’herbe et de rocs,
Les ronces, par fouillis épais comme des blocs,
Embusquaient sourdement leurs dards triangulaires.

Ah certe ! Elles guettaient si bien l’occasion
Du Mal, si scélérate épiait leur adresse,
Que l’accrochant éclair de leurs griffes traîtresses
Fut plus subtil encor que ma précaution.

J’enrageais ! Quand mon pied heurte un serpent… la bête
Aurait pu se venger ? elle écarta la tête,

Et s’enfuit d’un train plus rampant.

Allons ! que ton humeur à présent se défronce,
Me dis-je ! – Et, j’oubliai pour un si doux serpent

La méchanceté de la ronce.

(id., p. 271)

De même quand il laisse la parole à trois humains déformant les mots sans le vouloir, il a l’art de nous transmettre cette scène prise sur le vif, en lui conservant sa spontanéité très drôle sans connotation négative vis-à-vis de leur handicap :

LES TROIS BÈGUES

Ici Pierre, François et le facteur Roland,
En bégaiement, pouvaient s’appeler co… collègues,
Et, c’était d’un comique ultra-désopilant
Quand une occasion rassemblait les trois bègues.

Un jour, notre facteur, un gaillard sec et haut,
Entra de son pas lourd chez les gens du domaine
Et dit, parlant très fort, mais avec quelle peine !
« Sa… salut ! cré… cré… cré mâtin ! qu’i’… qu’i’ fait chaud ! »

Pierre, les yeux sortis, rouge, et s’enflant le cou,
Flûta : « fa… fa… facteur, bu… buvez donc un coup… »
Et François, dans son coin, sifflant comme la bise,

Accoucha de ces mots, moins émis que bavés :
« Si… si… j’étais facteur, eh ben ! vous sa… savez,
Je… je… mou… mouillerais ma… ma… che… che… chemise ! 

(id., p. 274)

Maurice Rollinat garde le respect de la personne engluée dans la détresse sans tomber dans l’atermoiement inutile. Il la décrit sans l’enjoliver ni se moquer d’elle, osant même apporter un rayon de lumière à sa détresse :

LA MENDIANTE

Bissac vide, et pas un petit sou dans les poches,
La mendiante, au soir, traîne un pas de crapaud,
Comme un fantôme lent sous son mauvais capot
Que, de chaque côté, vont tirochant ses mioches.

Et puis, tout s’enténèbre. Elle tremble effarée ;
Ses petits, s’envasant, s’accrochent à ses bras,
Et, dans l’obscur opaque, au sein du limon gras,
L’horreur suprême étreint la famille égarée.

Soudain, l’ombre s’entr’ouvre aux glissantes lueurs
De la lune. La mère a souri dans ses pleurs

Au bon astre livide et jaune…

Et dit : « Personn’ n’ nous fut pitoyable aujourd’hui !
C’est ptét’ pour ça q’ la lun’, dans l’ si noir de la nuit,

D’un bout d’ clarté nous fait l’aumône. »

(id., p. 280)

Le poète reste à l’écoute de la vie des malheureux, englué dans leur mal d’être. Il les respecte et les lie aux éléments, ciel, eau et même à une certaine lumière :

LA VEUVE

Hélas oui ! longtemps, son malheur
Lui fut prédit par ses alarmes.
Mais, par ce temps ensorceleur
De bruine dans la chaleur,
Elle pose un peu sa douleur
Comme un soldat pose ses armes.
De l’azur moite il pleut des charmes !
L’arc-en-ciel étend ses couleurs
Sur la molle extase des fleurs,
De l’eau, des frênes, et des charmes.
Et, tendrement, aux longs vacarmes
Des oiseaux plaintifs et siffleurs,
La veuve sourit dans les pleurs
Au soleil qui luit dans les larmes.

(id., p. 281)

Maurice Rollinat n’hésite pas à aborder des thèmes forts tel le meurtre d’un enfant et nous montre la réaction spontanée d’une personne du village :

L’INDIGNÉ

Sur la place, entouré des gros bonnets du bourg,
Écoutant l’œil figé, bras pendants, bouche ouverte,
Un gars qu’un bégaiement, par instants, déconcerte,

Lit tout haut le journal du jour.

Il s’agit d’un ménage ayant tué son fieu,
D’affreux parents maudits de la nature,
Lents assassins, brûleurs à petit feu,
Ayant sur leur enfant détaillé la torture.

La lecture finie, il passe en l’assistance
Comme un sourd grincement de haine… et, résumant
L’indigné coléreux du commun sentiment,
Le grand charron noueux dit d’un ton de sentence :

« J’ suis pas méchant ! pourtant, j’sais pas d’quoi j’s’rais capable

Cont’ ces gens-là ! je m’charge d’eux !
Qu’on m’les amèn’ là tous les deux !

J’les us’rai sur ma meule en c’mençant par les pieds !

Et leurs crim’ ne s’ront pas expiés,

Tant l’bourreau d’un enfant reste à jamais coupable ! »

(id., pp. 302 et 303)

 

En conclusion, dans son livre Paysages et Paysans, Maurice Rollinat déploie son art de mettre à la première place avec talent, ceux que beaucoup effacent, ignorent ou dénigrent. Il leur rend toujours leur humanité même dans leur déchéance apparente.

 

Novembre 2020.

Catherine Réault-Crosnier.

 

 

NB : Pour avoir plus d’informations sur Maurice Rollinat et l’Association des Amis de Maurice Rollinat, vous pouvez consulter sur le présent site, le dossier qui leur est consacré.