« MAURICE ROLLINAT, LA BEAUTÉ »

 

 

(Conférence de Catherine Réault-Crosnier lue à plusieurs voix avec des poèmes mis en musique par Michel Caçao, à la médiathèque de Châteauroux le 16 mars 2019, dans le cadre du Printemps des Poètes.)

 

 

Maurice Rollinat (1846 – 1903), poète et musicien du fantastique, exprime dans tous ses livres, la beauté, thème du Printemps des Poètes 2019. Il a l’art de présenter des facettes très différentes de ce thème à travers ses poèmes et ses écrits en prose. Nous allons donc nous imprégner de ses créations pour en apprécier la diversité dans l’ensemble de ses livres.

 

Le livre de Maurice Rollinat, Dans les brandes, est paru en 1877 mais la vente n’a pas été importante. Pourtant il contient de nombreux poèmes animaliers qui ont entretenu l’aura de Maurice Rollinat et étaient au programme dans les écoles, dans toute la première partie du XXème siècle et encore actuellement dont les plus connus « L’écureuil », « Les dindons », « La chanson de la perdrix grise » qu’il a aussi mis en musique, et tant d’autres dont « Le petit renardeau ».

LE PETIT RENARDEAU

Au bord de l’étang, le petit renardeau
Suit à pas de loup sa mère la renarde,
Qui s’en va guettant, sournoise et goguenarde,
Le canard sauvage ou bien la poule d’eau.

– Des nuages bruns couvrent d’un noir bandeau
Le soleil sanglant que l’âpre nuit poignarde.
Au bord de l’étang, le petit renardeau
Suit à pas de loup sa mère la renarde.

Sur un bois flottant qui lui sert de radeau,
Soudain la rôdeuse en tremblant se hasarde ;
Et moi, curieux et ravi, je regarde,
Caché par les joncs comme par un rideau,
Au bord de l’étang le petit renardeau.

(Dans les Brandes, pages 212 et 213)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Le petit renardeau de Maurice Rollinat.

 

Ce livre a été réédité en 1883, après le succès des Névroses avec moins de réussite. Pourtant dans son recueil Dans les brandes, la beauté champêtre domine et le poète avec un sens très minutieux de l’observation, nous fait vibrer dans une poésie mettant à l’honneur la nature. Par exemple, dans un long poème de sept pages, il nous emporte « A travers champs » dans une multitude de détails pris sur le vif, minutieusement et artistiquement décrits. N’hésitons pas à partir avec lui pour nous se ressourcer :

(…)
Sous le chêne aux branches glandées,
Il me vient un souffle nouveau,
Et les rimes et les idées
Refleurissent dans mon cerveau.

Je revois l’humble silhouette
De la maison aux volets verts,
Avec son toit à girouette
Et ses murs d’espaliers couverts ;

Le jardin plein de rumeurs calmes
Où l’arbre pousse vers l’azur,
Le chant multiple de ses palmes
Qui frissonnent dans un air pur ;

Les petits carrés de légumes
Bordés de lavande et de buis,
Et les pigeons lustrant leurs plumes
Sur la margelle du vieux puits.

Plus de fâcheux, plus d’hypocrites !
Car je fréquente par les prés
Les virginales marguerites
Et les coquelicots pourprés.
(…)

Ami de la vache qui broute,
Du vieux chaume et du paysan,
Dès le matin je prends la route
De Châteaubrun et de Crozan.

Dans l’air, les oiseaux et les brises
Modulent de vagues chansons ;
A mon pas les pouliches grises
Hennissent au bord des buissons.

Tandis qu’au fond des luzernières,
Jambes aux fers, tête au licou,
Les vieilles juments poulinières
Placidement lèvent le cou.

Le lézard, corps insaisissable
Où circule du vif-argent,
Promène au soleil sur le sable
Sa peau verte au reflet changeant.
(…)

Sur les coteaux et sur les pentes,
Aux environs d’un vieux manoir,
Je revois les chèvres grimpantes,
Les moutons blancs et le chien noir.

Debout, la bergère chantonne
D’une douce et traînante voix
Une complainte monotone,
Avec son fuseau dans les doigts.

Et je m’en reviens à la brune
Tout plein de calme et de sommeil,
Aux rayons vagues de la lune,
Ce mélancolique soleil !

(Dans les brandes, pages 8 à 11)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème A travers champs de Maurice Rollinat.

De même, grand défenseur de la nature, écologiste avant l’heure, Maurice Rollinat humanise les arbres, les décrivant dans leur beauté majestueuse, dans tous leurs états, sanglotant, rêveurs, mélancoliques...

LES ARBRES

Arbres, grands végétaux, martyrs des saisons fauves,
Sombres lyres des vents, ces noirs musiciens,
Que vous soyez feuillus ou que vous soyez chauves,
Le poète vous aime et vos spleens sont les siens.

Quand le regard du peintre a soif de pittoresque,
C’est à vous qu’il s’abreuve avec avidité,
Car vous êtes l’immense et formidable fresque
Dont la terre sans fin pare sa nudité.

De vous un magnétisme étrange se dégage,
Plein de poésie âpre et d’amères saveurs ;
Et quand vous bruissez, vous êtes le langage
Que la nature ébauche avec les grands rêveurs.

Quand l’éclair et la foudre enflent rafale et grêle,
Les forêts sont des mers dont chaque arbre est un flot,
Et tous, le chêne énorme et le coudrier grêle,
Dans l’opaque fouillis poussent un long sanglot.

Alors, vous qui parfois, muets comme des marbres,
Vous endormez, pareils à des cœurs sans remords,
Vous tordez vos grands bras, vous hurlez, pauvres arbres,
Sous l’horrible galop des éléments sans mors.

L’été, plein de langueurs, l’oiseau clôt ses paupières
Et dort paisiblement sur vos mouvants hamacs,
Vous êtes les écrans des herbes et des pierres
Et vous mêlez votre ombre à la fraîcheur des lacs.

Et quand la canicule, aux vivants si funeste,
Pompe les étangs bruns, miroirs des joncs fluets,
Dans l’atmosphère lourde où fermente la peste,
Vous immobilisez vos branchages muets.

Votre mélancolie, à la fin de l’automne,
Est pénétrante, alors que sans fleurs et sans nids,
Sous un ciel nébuleux où d’heure en heure il tonne,
Vous semblez écrasés par vos rameaux jaunis.

Les seules nuits de mai, sous les rayons stellaires,
Aux parfums dont la terre emplit ses encensoirs,
Vous oubliez parfois vos douleurs séculaires
Dans un sommeil bercé par le zéphyr des soirs.

Une brume odorante autour de vous circule
Quand l’aube a dissipé la nocturne stupeur,
Et, quand vous devenez plus grands au crépuscule,
Le poète frémit comme s’il avait peur.

Sachant qu’un drame étrange est joué sous vos dômes,
Par les bêtes le jour, par les spectres la nuit,
Pour voir rôder les loups et glisser les fantômes,
Vos invisibles yeux s’ouvrent au moindre bruit.

Et le soleil vous mord, l’aquilon vous cravache,
L’hiver vous coud tout vifs dans un froid linceul blanc,
Et vous souffrez toujours jusqu’à ce que la hache
Taillade votre chair et vous tranche en sifflant.

Partout où vous vivez, chênes, peupliers, ormes,
Dans les cités, aux champs, et sur les rocs déserts,
Je fraternise avec les tristesses énormes
Que vos sombres rameaux épandent par les airs.

(Dans les Brandes, pages 112 à 115)

 

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Les Arbres de Maurice Rollinat.

Dans son livre le plus connu Les Névroses (1883), n’oublions que Maurice Rollinat a consacré le chapitre « Les Refuges » à la facette champêtre de son œuvre, dans lequel nous trouvons par exemple un de ses poèmes les plus célèbres « La Biche ». Les autres chapitres concernent un univers surprenant, fantastique, inhabituel, facettes incontournables du poète. Par exemple dans le poème « Les reflets », nous côtoyons ses rêves et ses fantômes à la manière d’Edgar Poe à côté du réel très concret, mais toujours persiste un frôlement d’épouvante qui nous emporte à nouveau dans le macabre à travers les mots « œil halluciné », « cierges blancs », « esprit hanté », lors de la veillée des morts… Maurice Rollinat manie aussi l’oxymore avec talent, pour nous transmettre la beauté dans la diversité des possibilités même opposées, à travers des images étonnantes, par exemple « Ames de clarté, soupirs de lumière », pour renforcer ses idées artistiques, très personnelles.

LES REFLETS

Mon œil halluciné conserve en sa mémoire
Les reflets de la lune et des robes de moire,
Les reflets de la mer et ceux des cierges blancs
Qui brûlent pour les morts près des rideaux tremblants.
Oui, pour mon œil épris d’ombre et de rutilance,
Ils ont tant de souplesse et tant de nonchalance
Dans leur mystérieux et glissant va-et-vient,
Qu’après qu’ils ont passé mon regard s’en souvient.
Leur fascination m’est douce et coutumière :
Ames de la clarté, soupirs de la lumière,
Ils imprègnent mon art de leur mysticité
Et filtrent comme un rêve en mon esprit hanté ;
Et j’aime ces baisers de la lueur qui rôde,
Qu’ils me viennent de l’onde ou bien de l’émeraude !

(Les Névroses, page 11)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Les Reflets de Maurice Rollinat.

La sensualité a toujours attiré ce poète. Il peut la transcrire en images de beauté dans l’intimité d’un moment. Maurice Rollinat n’hésite pas à transformer les objets qui entourent la femme en humains doués d’enchantement, de sourire, de supplication en union avec :

LA BAIGNEUSE

Au fond d’une baignoire elle admire ses hanches
Dans le miroir mouvant d’un cristal enchanté,
Et les mollets croisés, elle étend ses mains blanches
Sur les bords du bassin qui hume sa beauté.

Les robinets de cuivre à figure de cygne
Ont l’air de lui sourire et de se pavaner,
Et leurs gouttes parfois semblent lui faire un signe
Comme pour la prier de les faire tourner.

Sur un siège, ses bas près de ses jarretières
Conservent la rondeur de leur vivant trésor ;
Ses bottines de soie aux cambrures altières
N’attendent que son pied pour frétiller encor.

Sa robe de satin pendue à la patère
A les reflets furtifs d’une peau de serpent
Et semble avoir gardé la grâce et le mystère
De celle dont l’arome en ses plis se répand.
(…)

Et tandis qu’un éclair dans ses yeux étincelle
En voyant que son corps fait un si beau dessin,
Le liège qui vacille au bout de la ficelle
Chatouille en tapinois la fraise de son sein.

(Les Névroses, pages 77 et 78)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème La Baigneuse de Maurice Rollinat.

Étonnamment, il peut aussi admirer simplement la beauté pure dans la nature. Il utilise alors des images limpides comme l’eau d’une source avant de nous emporter en final, près de deux écrivains qu’il appréciait déjà du temps du lycée :

LA FONTAINE

La fontaine du val profond
Luit au bas des vieilles tourelles
Dont les toitures se défont
Et dont les girouettes grêles
Vont et viennent, viennent et vont.

Jamais la mousse de savon
N’a troublé ses plissements frêles :
Elle est limpide jusqu’au fond,

La fontaine.

Sur ses bords les saules me font
Des éventails et des ombrelles ;
Et là, parmi les sauterelles,
J’arrête mon pas vagabond
Pour lire Virgile et le bon

La Fontaine.

(Les Névroses, page 159)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème La Fontaine de Maurice Rollinat.

Certains poèmes contenus dans Les Névroses gardent le charme descriptif de la nature en alliance avec le thème de la mort qui peut perdre sa connotation sombre pour s’imprégner de légèreté comme dans ce poème appris dans les écoles et encore très connu :

LA MORT DES FOUGÈRES

L’âme des fougères s’envole :
Plus de lézards entre les buis !
Et sur l’étang froid comme un puits
Plus de libellule frivole !

La feuille tourne et devient folle,
L’herbe songe aux bluets enfuis.
L’âme des fougères s’envole :
Plus de lézards entre les buis !

Les oiseaux perdent la parole,
Et par les jours et par les nuits,
Sur l’aile du vent plein d’ennuis,
Dans l’espace qui se désole
L’âme des fougères s’envole.

(Les Névroses, page 181)

Pastel et collages de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème La Mort des fougères de Maurice Rollinat.

Le poème de Maurice Rollinat, « Les rocs », dédicacé à Victor Hugo et composé de dix quatrains en alexandrins, nous rappelle de manière prémonitoire, la beauté dénudée de la série de tableaux de Claude Monet, créés quelques années plus tard à Fresselines lorsqu’il y séjourna de février à mai 1889, prenant ses repas chez son ami Maurice Rollinat. Le poète n’est jamais lassé de décrire le monde qui l’entoure dans la beauté désertique des pierres, contrebalancée par la présence d’animaux apportant une touche de vie, accentuant le contraste de chaque description, de chaque émotion. Tout vit, est doté de pensées. L’empreinte fantastique et morbide de Maurice Rollinat est bien présente. Il nous souligne aussi la beauté de la laideur à travers les rocs humanisés et leur souffrance.

LES ROCS

A Victor Hugo.

Par delà les blés noirs, les froments et les seigles,
Loin des terrains boisés, poudreux, herbus et mous,
Au bord d’une rivière aux écumeux remous,
Ils songent, familiers des lézards et des aigles.

Aspect fantomatique, inertie et stupeur,
Jeunesse qui survit à des milliers d’années,
Silence des cœurs morts et des âmes damnées,
Ils ont tout ce qui trouble et tout ce qui fait peur.

La rivière qui hurle et moutonne à leur base
Leur devient un miroir torrentueux et fou,
Et, quand l’hiver la fait déborder de son trou,
Les cravache d’écume et les gifle de vase.

Au mois où le zéphyr plein de suavité
Emporte les parfums de la fleur qu’il balance,
L’aspic y vient montrer sa tête en fer de lance
Au bord de la fissure et de la cavité.

Anxieux, dans la brume, on dirait qu’ils attendent
Je ne sais quel départ aux mystiques adieux ;
N’ont-ils pas l’air de voir ? Et cependant point d’yeux ;
Point d’oreilles : pourtant l’on dirait qu’ils entendent.

Et, colosses navrés de ce pays affreux,
Ils alarment au loin les vallons et les côtes,
Car le cri des hiboux, leurs invisibles hôtes,
Est la funèbre voix qui sanglote pour eux.

Groupés là comme un tas de monstrueuses bêtes,
Ils veillent tristement, les horribles rochers,
Que le soleil les brûle ou qu’ils soient accrochés
Par les feux zigzagueurs et grondants des tempêtes !

L’un dont la pointe oblongue imite un coutelas,
Et dont chaque lézarde a l’air d’une blessure,
Rongé de champignons, d’herbe et de moisissure,
Se penche avec un air effroyablement las.

Un autre figurant un couvercle de bière
Qui serait tout debout sous les grands cieux pensifs,
Fait tinter par instants sur les feuilles des ifs
L’éternel suintement des larmes de la pierre.

Et tous, diversement lépreux et bossués,
Rendent la solitude encore plus déserte,
Et par leur seul aspect qui glace et déconcerte,
Disent leurs maux soufferts et leurs ennuis sués.

(Les Névroses, pages 204 et 205)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Les Rocs de Maurice Rollinat.

Le poème « La pluie » est caractéristique des nombreuses facettes d’inspiration de ce poète dont la finesse de description et de pensée, lui sert à transmettre la beauté de ses états d’âme sombres comme la pluie durant sa vie parisienne.

LA PLUIE

Lorsque la pluie, ainsi qu’un immense écheveau
Brouillant à l’infini ses longs fils d’eau glacée,
Tombe d’un ciel funèbre et noir comme un caveau
Sur Paris, la Babel hurlante et convulsée,
(…)

En ruminant tout haut des poèmes de fiel,
J’affronte sans les voir la flaque et la gouttière ;
Et mêlant ma tristesse à la douleur du ciel,
Je marche dans Paris comme en un cimetière.

Et parmi la cohue impure des démons,
Dans le grand labyrinthe, au hasard et sans guide,
Je m’enfonce, et j’aspire alors à pleins poumons
L’affreuse humidité de ce brouillard liquide.

Je suis tout à la pluie ! A son charme assassin,
Les vers dans mon cerveau ruissellent comme une onde :
Car pour moi, le sondeur du triste et du malsain,
C’est de la poésie atroce qui m’inonde.

(Les Névroses, pages 308 et 309)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème La Pluie de Maurice Rollinat.

 

Avec L’Abîme (1886), nous entrons dans la désespérance du poète, venant de quitter Paris et écœuré par ce monde menteur, tapageur, sarcastique. S’éloignant de cette ambiance malsaine où il faut paraître plutôt qu’être, il se réfugie à Fresselines en septembre 1883, pour vivre de son art, retiré du monde, dans le département de la Creuse. Là, dans la solitude, il excelle dans une beauté emplie de pensées et de sentiments mortuaires, de visions se terminant par une réflexion philosophique sur la petitesse et la finitude de l’homme.

LE SOUVENIR

Le souvenir est un cercueil
Dont le couvercle est diaphane :
Tout notre passé qui se fane
Y tient, visible pour notre œil.

Il ne quitte pas notre seuil,
Qu’on le maudisse ou le profane.
Le souvenir est un cercueil
Dont le couvercle est diaphane.

Et tout ce qui fut notre orgueil,
Passion vraie ou charlatane,
S’y recroqueville et s’y tanne
Dans une poussière de deuil :
Le souvenir est un cercueil.

(L’Abîme, pages 221 et 222)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Le Souvenir de Maurice Rollinat.

 

Dans son livre La Nature (1892), Maurice Rollinat, grand défenseur de la campagne sauvage, nous montre la beauté de la paix retrouvée ou parcourue de frissons et de visions. Il nous emporte par tous les temps, au fil de l’eau, près de la pluie bienfaitrice, vivifiante ou envahissante.

EFFET DE PLUIE

Cette fois la campagne endure
Un printemps torpide et fiévreux :
L’eau s’aplatit, la terre est dure,
L’atmosphère et l’arbre poudreux,
Sans le plus petit souffle entre eux,
Restent figés dans leur soudure.

Or, depuis le peu qu’elle dure,
La pluie a déjà dans les creux
Rendu plus frais, moins malheureux
Tel paysage de verdure
Dont des escarpements lépreux
Sont la fantastique bordure.

On a les yeux émerveillés
Par l’éclat de ces tons mouillés,
A croire, tant ils sont superbes,
Si totalement déternis,
Que le ciel pleure du vernis
Sur le feuillage et sur les herbes.

(La Nature, pages 161 et 162)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Effet de pluie de Maurice Rollinat.

 

NUIT DE FEUILLES

On distingue mal sous les aunes
Ce coin de rivière stagnant
Dont l’écume, par plaques jaunes,
A fait un marbre frissonnant.

Et peu à peu, les grands feuillages
Chargés de brume et de secret,
Semblent si hauts qu’on les dirait
Enchevêtrés dans les nuages.

Seuls, les coteaux noirs – chevelus
Transpercent l’ombre – il n’y a plus
Que leur silhouette qui dure.

Et voici juste le tableau :
Le ciel englouti comme l’eau
Par des ténèbres de verdure.

(La Nature, pages 285 et 286)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Nuit de Feuilles de Maurice Rollinat.

 

Dans Les Apparitions (1896), nous côtoyons les spectres de manière très vivante et imagée, facette caractéristique de Maurice Rollinat près de la beauté de la nature, de l’infiniment petit comme l’herbe à l’invisible comme le vent. Il n’oublie pas à son habitude, d’en tirer une conclusion philosophique sur notre manière de vivre.

LES CHOSES

Non ! Ce n’est pas toujours le vent
Qui fait bouger l’herbe ou la feuille,
Et quand le zéphyr se recueille,
Plus d’un épi tremble souvent.
(…)

Sans tous les jeux de la lumière,
Sans les ombres et les reflets,
Les rochers gris et violets
Se posturent à leur manière.

Tel pleure dans sa somnolence,
Un autre, sec comme le bois,
Aura cette espèce de voix
Qui fait marmonner le silence.

L’âme parcourt comme la sève
Les objets les plus abîmés
Dans la mort, – ils sont animés
Pour tous les organes du rêve :

Pour ceux-ci, l’exigu, l’énorme
Existent par le frôlement,
La couleur, le bruissement,
Par la senteur et par la forme.

Nous pensons que les choses vivent…
C’est pourquoi nous les redoutons.
Il est des soirs où nous sentons
Qu’elles nous parlent et nous suivent.

Par elles les temps nous reviennent,
Elles retracent l’effacé,
Et racontent l’obscur passé
Comme des vieux qui se souviennent.
(…)

L’âme habite bloc et poussière :
Toute forme d’inanimé.
Son frisson y bat renfermé
Comme le cœur de la matière.
(…)

(Les Apparitions, pages 1 à 8)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Les Choses de Maurice Rollinat.

 

Dans Paysages et paysans (1899), Maurice Rollinat donne très souvent la parole aux petites gens de la campagne dans des tableaux très vivants. Il excelle selon les poèmes dans l’art descriptif des paysages. Il ne nous lasse jamais comme dans ce tableau « À l’aube ». Nous ne pouvons pas oublier la beauté de portraits d’humains en osmose avec l’univers.

A L’AUBE

Brûlé par l’énorme lumière
Irradiant du ciel caillé,
– Stupéfait, recroquevillé,
Hâlé, sali par la poussière,

Le pauvre paysage mort
Se ranime à l’heure nocturne,
Et puis, murmurant taciturne,
Extasié, rêve et s’endort.

La bonne ombre le rafraîchit ;
Et toute propre resurgit
Sa mélancolique peinture.

Avec l’aurore se levant,
La rosée, au souffle du vent,
Pleure pour laver la nature.

(Paysages et Paysans, page 126)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème A l'aube de Maurice Rollinat.

 

LES PETITS MARAUDEURS

Faisant sonner leur gaieté franche
Dans leur beau rire à plein gosier,
Ils massacrent le cerisier,
Et chacun emporte sa branche.

Mais quelle branche ! longue et large,
Toute foisonnante de fruit,
Qui tremble au soleil et reluit
En les inclinant sous sa charge !

Qu’importe ! ils se sauvent là-bas
Vers le bon ombrage, d’un pas
Que l’avidité rend alerte,

Et les bœufs regardent, rêvants,
Ces petits cerisiers vivants
Qui cheminent dans l’herbe verte.

(Paysages et Paysans, page 230)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Les petits maraudeurs de Maurice Rollinat.

 

Dans En Errant (1903), nous découvrons le talent de Maurice Rollinat dans ses compositions en prose, la beauté de ses descriptions, alliance de féérie et de drame, avec des mots associés hors du commun, emplis de rêve, de songe, de mystère et de transparence. N’oublions pas que Maurice Rollinat a toujours été un poète coloriste traduisant la beauté en déposant de petites touches de couleurs, un peu à la manière d’un peintre, par exemple dans le début d’un texte magique :

LE CALVAIRE DE LA COULEUR

Une fois, je vis cette extraordinaire côte boisée qui, après tant d’années, fait encore s’émouvoir et frissonner mon souvenir. C’était vers la fin d’octobre, par une de ces journées lourdes et voilées, sans vent ni cris d’oiseaux, où le seul voltigeotant papillon, errant frôleur de l’herbe avec ses ailes de silence, flottait sur un souffle vague entre la stupeur des apparences et le brumeux des étendues que l’air et les cieux torpides enduisaient de sommeil et de songe.

Baignant ses pieds de roc dans une mystérieuse et transparente rivière, cette côte formait un immense amphithéâtre, à la fois colline et parc, fourmillant d’arbres de toute sorte qui, dormants-cataleptiques, stagnaient, rentrés les uns dans les autres, avec des feuillages si magnifiquement altérés, si pompeusement morbides en leur métamorphose, qu’ils semblaient là, dans cette contrée déserte, un miracle particulier de l’automne, et prodige du réel, mettaient du drame dans la nature.

Ce phénoménal tableau, d’une douceur compacte, d’un ordre sauvage, d’un ensemble tamisé dans la splendeur, était d’un aspect d’autant plus impressionnant que les arbres, de bas en haut, avaient leurs troncs totalement cachés par les étagements successifs des cimes et des jeunes pousses puissantes. On ne voyait donc plus qu’un gigantesque feuillu polychrome, montrant, çà et là, vers le sommet, par ses rares fissures, des rameaux noirs comme de l’ébène, embranchés comme du corail, qui emmaillaient, treillissaient des petits morceaux de ciel pâle et prenaient du vague et de la magie dans les vapeurs de l’ombre.

(…)

(En Errant, pages 109 et 110)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant un extrait du texte Le calvaire de la couleur de Maurice Rollinat.

 

Dans Ruminations (1904), Maurice Rollinat, comme les vaches, ne se lasse pas de ruminer, penser et penser encore, de garder en lui ses idées sans les digérer, les remâchant pour ensuite les cracher sur le papier dans un art philosophique toujours très fort, profond, changeant les limites des non-dits, des faux-fuyants pour approfondir toujours notre manière de vivre. Homme des plaisirs, Maurice Rollinat sait aussi faire l’éloge du renoncement. Sa pensée ne tend-t-elle pas alors vers la beauté par l’intensité de sa réflexion ?

Un vrai grand artiste crie bravo à tous les jaloux de son œuvre, si cette jalousie, féconde pour leur esprit, leur a donné le pouvoir de se surpasser eux-mêmes !

(Ruminations, page 188)

 

N’est-ce pas aussi une autre forme de beauté étonnante que sa recherche d’une existence après la mort ?

Il est à croire, – pour la cause de la justice éternelle et comme réparation à cette chose si solennellement mystérieuse et sacrée entre toutes : la Mort ! – que ceux qui n’auront pas désarmé devant un cadavre, qui auront vomi l’outrage sur une tombe, devront se maudire une fois trépassés, pendant les phases de leur pourriture, de leurs ossements et de leur poussière ; que le Néant fera une exception pour eux ; qu’ils seront indéfiniment torturés dans leur indestructible atome !

(Ruminations, page 130)

 

Maurice Rollinat humanise la nature de mille manières et il place l’humain en osmose avec l’immensité, l’univers dans cette beauté de communion :

La féerique étrangeté s’incarne dans l’astre des nuits qui sait faire d’une mare une trembleuse glace de diamant où le saule pleureur, qu’il fantômatise en plus pieusement incliné, se regarde, y engloutissant son ombre, comme une belle âme affligée qui se mire à s’y perdre dans le mystère ami de sa lumineuse conscience.

(Ruminations, page 9)

 

Les villes salissent la pensée, les montagnes la purifient, les océans l’exaltent, les plaines la chagrinent, les vallées l’enchantent, les bords de rivières la bercent, bois et ravins l’horrifient et la dramatisent.

(Ruminations, p 233)

 

La présence d’un mendiant patriarche, parmi des chênes vénérables, ajoute à leur séculaire toute la mélancolique solennité d’une pauvre vieille âme qui songe, donne au recourbé de leurs branches comme une expression de pitié pleurante, comme une mimique hospitalière, comme un geste ému de fraternelle bénédiction.

(Ruminations, pages 265 et 266)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant des extraits du livre Ruminations de Maurice Rollinat.

 

Son livre Les bêtes, a pu être édité en 1911 grâce à la collaboration de Gustave Geoffroy. De son vivant, Maurice Rollinat avait choisi le titre de ce recueil et rassemblé un certain nombre de poèmes (Avertissement, page VI). L’éditeur souligne : « On y trouvera toutes les descriptions attentives, spirituelles, pathétiques, que ce poète subtil et ce savant artiste pouvait faire d’après les insectes, papillons, sphinx, chenilles, guêpes, cirons, et les animaux familiers qui vivaient aux alentours et au-dedans de sa maison des champs, entre les deux Creuse, à l’entrée du village de Fresselines : les lézards et les rats, les chats et les chiens (…), l’âne et la vache, les poissons, (…) les oiseaux de la basse-cour et de l’espace, du creux des haies et du tronc des arbres, jusqu’au nid de l’aigle qui plane superbement à la fin de ces pages. » (pages VI et VII)

De l’infiniment petit au presque tout puissant, Maurice Rollinat déploie sa verve de création comme dans trois poèmes de ce livre qui serviront d’apothéose, après la conclusion que voici :

Maurice Rollinat fait jaillir la beauté de mille manières, dans la simplicité de la nature, à travers les animaux, en glorifiant les arbres, dans des descriptions sensuelles ou fantomatiques, à travers un univers fantastique ou hanté, dans la clarté d’une fontaine, en abordant le thème de la mort ou de la paix, du dépouillement des rocs, de la beauté sombre de la douleur, près des petites gens et des sentiments, à travers ses ruminations, et toujours près des bêtes qu’il a tant mises à l’honneur. Il nous surprend, nous captive, nous envoûte, nous ensorcèle. Ce « peintre des mots », ni nihiliste, ni croyant, toujours en recherche d’un au-delà, dépose de petites touches de couleurs pour distiller la beauté et aussi à travers des réflexions intenses, dans une philosophie très contemporaine, exprimant notre petitesse physique et morale face à l’immensité et aussi l’infiniment petit.

 

LE ROUGE-GORGE

Le petit oiseau de la font Saint-George
Ne picore plus sur le sol tout blanc.
Transi par le froid, hérissé, tremblant,
Frileusement il se rengorge.

Voici qu’il aperçoit tout au fond d’une gorge,
Un grand carreau qui flambe, il s’y dirige lent.
Oh ! le beau soleil jaune et rouge étincelant !
La chaleur règne ici, bien sûr on en regorge,
Donc il tape du bec à la vitre en volant,

Le maréchal alors quitte sa forge,

Le fait entrer, le flatte et tout en lui parlant,

Le gave de blé, de chenevis, d’orge.

Comme il serait bien là ! Pas de chien turbulent,

Ni de chat dont la griffe égorge.

Rien qu’un bon vieux tout seul, tranquille et cajôlant.

Mais fidèle, le soir, la terre dégelant,
Le pauvre petit rouge-gorge
S’en revint à la font Saint-George.

(Les Bêtes, pages 171 et 172)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Le Rouge-gorge de Maurice Rollinat.

 

CROQUIS DE CHAT

Pour grimper sur le grand prunier
Et somnoler sur la margelle
Du vieux puits, le chat, par l’échelle,
Est descendu de son grenier.

Et jusqu’à terre, tout du long,
Il miaule à chaque échelon.
Son petit museau se redresse,
Il flaire un peu d’où le vent vient,

Puis tout à coup il se souvient
De la viande et de la caresse,
Sur la chaise il ne fait qu’un saut
Dans la cuisine, près du seau.

Là, sans même qu’il s’ébouriffe
Ou bouffe en bossuant son dos,
Contre le chien cherchant un os
Dans la paille il se fait la griffe
A l’intention des souris.
Ouvrant, fermant ses ongles gris,
Écoutant ronfler la bouillote,
Il bâille ou plutôt il bâillote

Et faisant son ronron
S’endort en demi-rond.

(Les Bêtes, pages 103 et 104)

Aquarelle de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Croquis de chatt de Maurice Rollinat.

 

L’AIGLE

L’aigle est l’enfant des rocs où s’incruste sa griffe,
Tout le fauve des bois se retrouve, augmenté,
Dans son plumage épais et plat, trop dur planté,
Trop dru pour que jamais nul vent ne l’ébouriffe.

Ses yeux de braise ardente aux luisants de citernes,
Avec leurs durs regards aussi longs qu’acérés,
Vrillent l’obscur compact des bas-fonds enterrés,
Lisent le labyrinthe égarant des cavernes

Déjà si beau perché, l’aigle se transfigure,
Est le roi de l’éther et l’âme du zénith,
Quand ses ailes battant les monstres de granit
Ont dans leur planement roidi leur envergure.

Seul son haut vol que rien ne devance et n’arrête
Met une ombre de vie au bleu des cieux déserts.
Vogueur indéfini dans la houle des airs,
Il a deux avirons qui brassent la tempête,

Et son bec qui saurait lui creuser un repaire !
Aux taillants et crochu par les glaciers fourbis,
Fait pour hisser aux rocs la bêlante brebis
Et pour clouer au sol la sifflante vipère !

Brusque, au poitrail d’un bœuf, sa serre qui l’enlace
Lui farfouille le cœur de son ongleux étau :
Alors comme un boucher tranche avec un couteau,
Il peut avec son bec le dépecer sur place.

Ainsi construit pour vivre au sein des vastitudes,
Il tient vallons, plateaux, profondeurs et lointain,
Et tandis que, partout, il est sûr du butin,
Son vieil orgueil amer peuple ses solitudes.

Après qu’il a mangé bien fraîche sa victime,
En laissant la carcasse au charogneux vautour,
Il repart en tous sens ou reprend tour à tour
Son fougueux va-et-vient du faîte et de l’abîme.

Du fond des noirs chaos dont la mort est l’hôtesse,
Où l’arbre est l’englouti des gaves, des limons,
Il s’enlève, soudain, dans la clarté des monts,
Faisant vers leur sommet fulgurer sa vitesse.

Puis, dans ces trous béants de la terre en désastre,
Si prompt il redescend qu’il a, presque à la fois,
Joints et mêlés sur lui, souffles chauds, souffles froids,
La poussière de l’onde et la vapeur de l’astre.

Aussi sûr que l’insecte au fin bout d’une tige,
Il se tient sur un pied aux aiguilles des rocs,
De la sorte, au-dessus des puits d’ombre et des blocs,
Il aime à savourer son dédain du vertige.

En déluges croulants le ciel peut se dissoudre,
Il prend son large vol tenté par l’incertain,
Croise avec les éclairs son lorgnement hautain,
Aspire le cyclone à côté de la foudre !

Les reflets de la neige et ses froides épices
Lui font les airs plus purs, plus subtils et plus blancs,
La rumeur des sapins vert noir, toujours tremblants,
Berce sa songerie au bord des précipices.

Ces arbres mettent là, par le deuil de leurs teintes,
Comme un lien d’horreur sauvage entre eux et lui
Et la communion de son royal ennui,
Par son silence allier s’opère avec leurs plaintes.

Ayant l’azur pour toit, la terre pour auberge,
Le culminant obstacle et le vent pour jouets,
Farouche il reste, au gré de ses âpres souhaits,
Le solitaire intact dans sa liberté vierge.

Son nid, même sa proie, amours, progéniture,
Qu’importe à son humeur qui veut l’espace fou !
Délaissé volontaire, il sacrifiera tout
A ce goût d’abandon qu’il tient de la nature.

Que l’enchantement noir de la nuit taciturne
Par les clignotants vils soit recherché, voulu…
A l’aigle il faut les feux du grand dieu chevelu,
Le mystère aveuglant du flamboiement diurne !

D’un coup d’aile, jailli des plus profonds abîmes,
Vorace de soleil, pour s’en gaver les yeux,
Il dépasse les monts et reste, glorieux,
La hauteur souveraine entre toutes les cimes,

Fauve amant de la nue où tend son vol avide,
Il cogne, incorruptible en sa morne fierté,
Au front de la lumière et de l’immensité,
Son rêve d’infini, son ivresse du vide !

(Les Bêtes, pages 203 à 208)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème L'Aigle de Maurice Rollinat.

 

Mars 2019

Catherine RÉAULT-CROSNIER

 

 

Bibliographie :

– Rollinat Maurice, Les Névroses, G. Charpentier, Paris, 1883, 399 pages.
– Rollinat Maurice, Dans les Brandes, poèmes et rondels, G. Charpentier, Paris, 1883, 281 pages.
– Rollinat Maurice, L’Abîme, G. Charpentier et Cie, Paris, 1886, 292 pages.
– Rollinat Maurice, La Nature, poésies, G. Charpentier et E. Fasquelle, Paris, 1892, 350 pages.
– Rollinat Maurice, Les Apparitions, poésies, G. Charpentier et E. Fasquelle, Paris, 1896, 310 pages.
– Rollinat Maurice, Paysages et Paysans, poésies, Bibliothèque Charpentier, E. Fasquelle, Paris, 1899, 332 pages.
– Rollinat Maurice, En Errant, proses d’un solitaire, Bibliothèque Charpentier, E. Fasquelle, Paris, 1903, 325 pages.
– Rollinat Maurice, Ruminations, Bibliothèque Charpentier, E. Fasquelle, Paris, 1904, 296 pages.
– Rollinat Maurice, Les Bêtes, Bibliothèque Charpentier, E. Fasquelle, Paris, 1911, pages

 

 

NB : Pour avoir plus d’informations sur Maurice Rollinat et l’Association des Amis de Maurice Rollinat, vous pouvez consulter sur le présent site, le dossier qui leur est consacré.