« MAURICE ROLLINAT, AU CŒUR DES ARTS »

 

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le début de la conférence Maurice Rollinat au coeur des arts.

 

(Conférence de Catherine Réault-Crosnier lue à plusieurs voix avec des poèmes mis en musique par Michel Caçao, à la médiathèque de Châteauroux le 8 mars 2014, dans le cadre du Printemps des Poètes.)

 

Le thème du Printemps des Poètes en 2014, « Au cœur des Arts », entre en correspondance avec le poète Maurice Rollinat qui nous transmet sa passion à ce sujet :

« Les Arts ont pour donnée ce qui existe : ce monde est le sujet qu’ils traitent. Ils reposent sur les apparences, les formes, les couleurs, sur les pensées, faits et gestes de l’homme, sur les fantaisies de son rêve, sitôt borné par la folie et qui ne sait guère que travestir ou déformer les âmes et les choses, restant, quoiqu’il fasse, le tributaire du réel auquel il emprunte les canevas de sa broderie. C’est pourquoi, tous les arts ne rendent que du connu, du pressenti, de l’attendu, en s’efforçant seulement d’attribuer à cet exprimé, toute la possible intensité de noblesse et toute la singularité de grandeur qui constituent leur magie. » (Maurice Rollinat, Ruminations, p. 6)

Maurice Rollinat définit étrangement l’artiste, tiraillé dans les douleurs de l’enfantement de la création, oscillant entre abattement et extase :

« Après ses longs et douloureux travaux qui sont des fièvres chaudes de sa volonté, l’artiste abattu, terrassé par sa conquête, berce en de lézardantes extases la bonne paresse de son cœur et la convalescence de son esprit. » (id., p. 34)

Il ressent la majesté des Arts, leur retentissement profond sur les personnes et sur les âmes. Nous traiterons de son art poétique, sans omettre la musique, le chant, le côté théâtral, l’art de la mise en scène, l’art déclamatoire, la peinture et même d’une certaine manière, la photographie puisque Rollinat sait comme sur une photo, fixer un moment pour mieux décrire les paysages et les gens.

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le thème Au coeur de la poésie de la conférence Maurice Rollinat au coeur des arts.

Au cœur de la poésie :

Nous pouvons dire en jouant avec les mots, que la poésie le suit partout, dans sa jeunesse, à Paris, dans les cabarets et au Chat Noir puis dans sa vie isolée à Fresselines. Dans la campagne, au cours de ses longues promenades, il laisse courir son imagination et sa plume sur de petits carnets où il prend des notes, ébauche un poème. Sa poésie est à l’image de sa vie, vagabonde à mille facettes, vivante ou triste, endiablée ou fantastique, morbide ou paisible mais très souvent imprégnée de nature. Comme un prisme à mille recoins, elle se déploie et n’a jamais fini d’être découverte. Maurice Rollinat écrit dans son livre Ruminations :

« La Poésie berce et abreuve le songe ; en les exaltant, désigne et raconte les choses, devine la signification de leurs attitudes, de leur langage, de leur frisson, de leur vague et de leur essence qu’elle vous communique pénétreusement, en toute spiritualité d’expression, de cadence et d’harmonie prestigieuses. » (id., p. 240)

Maurice Rollinat associe la poésie à la douceur du miel, au travail des abeilles, en des métaphores surprenantes :

« Pour composer le miel de la poésie, il faut que l’âme, essaim d’abeilles du songe, pompe avidement les sucs des idées en fleurs dont les mots rigoureusement adaptés seront les parfaites alvéoles. » (id., p. 92 et 93)

Tout au long de cette conférence, la poésie de Maurice Rollinat sera à l’honneur sous de multiples aspects.

 

Au cœur de la Musique :

Maurice Rollinat a exprimé la force de la musique dans ses livres en prose, dans En errant paru en 1903 et Ruminations paru en 1904. Dans ce dernier, Maurice Rollinat est plus philosophique et a une force d’écriture étonnante.

« Il n’y a que la Musique qui puisse créer des impressions ignorées de l’homme, bien que provenant d’un esprit mortel, mais d’un esprit inspiré pour ainsi dire malgré lui de quelque Puissance d’un autre monde, son possédé privilégié, récompensé de ses efforts d’idéal, jusqu’à avoir été choisi par elle pour être son interprète de l’inimaginé, de l’inressenti, son porte-voix de l’inentendu dans l’universelle monotonie de cette terre. » (Ruminations, p. 7)

Nous comprenons combien la Musique en tant que grand art, captive Rollinat lorsqu’il s’exclame :

« Mais il n’y a que la Musique qui emporte l’âme dans l’outre-tombe, la repaisse d’indéfini, la fasse la souveraine de l’inconnu, la reine extasiée de l’invisible et de l’impalpable ! » (id., p. 240)

Dans En Errant, Maurice Rollinat est pessimiste mais il est envoûté par la musique à laquelle il consacre un chapitre de neuf pages (pp. 119 à 127). Nous allons lire un extrait du début, caractéristique de l’ensemble centré sur son enthousiasme passionné et sa conviction de la force de la musique, cette magicienne qui envoûte au plus profond de l’être :

« Subjugué, possédé, ensorcelé par lui, dans tous ses replis de mes fibres et de mon esprit, dans toutes les sensibilités de mon être, je crie bien haut que le grand Wagner est encore plus que le magicien des sons, puisque, dans leurs tempêtes, leurs délires, leurs démences représentant la fougue brutale et la colère des éléments, il sait faire pleurer la mélancolie des choses, chanter, clamer, gémir les amours, les regrets et les pensées des êtres. » (En Errant, p. 119)

Maurice Rollinat est un vrai musicien, étrange certes ; ses mélodies sont surprenantes, difficiles à transcrire et sa voix est presque impossible à imiter. Il a composé des musiques pour ses poèmes durant toute sa vie d’adulte. Nous avons répertorié cent trente-cinq partitions. Tout d’abord, une partie a été publiée chez Hartman et Lemoine puis un ensemble plus complet chez Heugel : cent-douze partitions sur ses poèmes, dix-huit sur ceux de Baudelaire, une sur un poème de Pierre Dupont (poète secondaire), et trois valses pour piano. Seul « Psaume funèbre » n’a pas été repris par Heugel.

Voici deux poèmes qui expriment sa fougue devant la grandeur de la musique. Dans le deuxième, son admiration pour Chopin ressort ce qui était une prise de position courageuse car Wagner était glorifié à cette époque (Régis Miannay, Maurice Rollinat, Poète et Musicien du Fantastique, p. 151). Mais pour Rollinat, l’âme et la musique tourmentées de Chopin, sa passion, sa fougue, son romantisme mélodramatique lui correspondaient beaucoup plus.

LA MUSIQUE

A Frédéric Lapuchin.

A l’heure où l’ombre noire

Brouille et confond

La lumière et la gloire

Du ciel profond,

Sur le clavier d’ivoire

Mes doigts s’en vont.

Quand les regrets et les alarmes
Battent mon sein comme des flots,
La musique traduit mes larmes
Et répercute mes sanglots.

Elle me verse tous les baumes
Et me souffle tous les parfums ;
Elle évoque tous mes fantômes
Et tous mes souvenirs défunts.

Elle m’apaise quand je souffre,
Elle délecte ma langueur,
Et c’est en elle que j’engouffre
L’inexprimable de mon cœur.

Elle mouille comme la pluie,
Elle brûle comme le feu ;
C’est un rire, une brume enfuie
Qui s’éparpille dans le bleu.

Dans ses fouillis d’accords étranges
Tumultueux et bourdonnants,
J’entends claquer des ailes d’anges
Et des linceuls de revenants ;

Les rythmes ont avec les gammes
De mystérieux unissons ;
Toutes les notes sont des âmes,
Des paroles et des frissons.

O Musique, torrent du rêve,
Nectar aimé, philtre béni,
Cours, écume, bondis sans trêve
Et roule-moi dans l’infini.

A l’heure où l’ombre noire

Brouille et confond

La lumière et la gloire

Du ciel profond.

Sur le clavier d’ivoire

Mes doigts s’en vont.

(Les Névroses, pp. 49 et 50)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème La Musique de Maurice Rollinat.

 

CHOPIN

A Paul Viardot.

Chopin, frère du gouffre, amant des nuits tragiques,
Ame qui fus si grande en un si frêle corps,
Le piano muet songe à tes doigts magiques
Et la musique en deuil pleure tes noirs accords.

L’harmonie a perdu son Edgar Poe farouche
Et la mer mélodique un de ses plus grands flots.
C’est fini ! le soleil des sons tristes se couche,
Le Monde pour gémir n’aura plus de sanglots !

Ta musique est toujours – douloureuse ou macabre –
L’hymne de la révolte et de la liberté,
Et le hennissement du cheval qui se cabre
Est moins fier que le cri de ton cœur indompté.

Les délires sans nom, les baisers frénétiques
Faisant dans l’ombre tiède un cliquetis de chairs,
Le vertige infernal des valses fantastiques,
Les apparitions vagues des défunts chers ;

La morbide lourdeur des blancs soleils d’automne ;
Le froid humide et gras des funèbres caveaux ;
Les bizarres frissons dont la vierge s’étonne
Quand l’été fait flamber les cœurs et les cerveaux ;

L’abominable toux du poitrinaire mince
Le harcelant alors qu’il songe à l’avenir ;
L’ineffable douleur du paria qui grince
En maudissant l’amour qu’il eût voulu bénir ;

L’âcre senteur du sol quand tombent des averses ;
Le mystère des soirs où gémissent les cors ;
Le parfum dangereux et doux des fleurs perverses ;
Les angoisses de l’âme en lutte avec le corps ;

Tout cela, torsions de l’esprit, mal physique,
Ces peintures, ces bruits, cette immense terreur,
Tout cela, je le trouve au fond de ta musique
Qui ruisselle d’amour, de souffrance et d’horreur.

Vierges tristes malgré leurs lèvres incarnates,
Tes blondes mazurkas sanglotent par moments,
Et la poignante humour de tes sombres sonates
M’hallucine et m’emplit de longs frissonnements.

Au fond de tes Scherzos et de tes Polonaises,
Epanchements d’un cœur mortellement navré,
J’entends chanter des lacs et rugir des fournaises
Et j’y plonge avec calme et j’en sors effaré.

Sur la croupe onduleuse et rebelle des gammes
Tu fais bondir des airs fauves et tourmentés,
Et l’âpre et le touchant, quand tu les amalgames,
Raffinent la saveur de tes étrangetés.

Ta musique a rendu les souffles et les râles,
Les grincements du spleen, du doute et du remords,
Et toi seul as trouvé les notes sépulcrales
Dignes d’accompagner les hoquets sourds des morts.

Triste ou gai, calme ou plein d’une angoisse infinie,
J’ai toujours l’âme ouverte à tes airs solennels,
Parce que j’y retrouve à travers l’harmonie,
Des rires, des sanglots et des cris fraternels.

Hélas ! toi mort, qui donc peut jouer ta musique ?
Artistes fabriqués, sans nerf et sans chaleur,
Vous ne comprenez pas ce que le grand Phtisique
A versé de génie au fond de sa douleur !

(Les Névroses, pp. 53 à 55)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Chopin de Maurice Rollinat.

Le poème « Le Piano » (Les Névroses, p. 51) est caractéristique de Rollinat qui, dès sa jeunesse, a joué de l’harmonium au lycée puis du piano. Ce thème revient dans « Marches funèbres » (id. p 52), où le poète allie la sensualité esquissée à travers la femme qui joue du piano et l’harmonie qui vibre au diapason des musiciens, Beethoven, Chopin, en symbiose avec les marches funèbres frôlant l’effroi de la mort unie à l’espoir de l’immortalité :

MARCHES FUNÈBRES

Toi, dont les longs doigts blancs de statue amoureuse,
Agiles sous le poids des somptueux anneaux,
Tirent la voix qui berce et le sanglot qui creuse
Des entrailles d’acier de tes grands pianos,

Toi, le cœur inspiré qui veut que l’Harmonie
Soit une mer où vogue un chant mélodieux,
Toi qui, dans la musique, à force de génie,
Fais chanter les retours et gémir les adieux

Joue encore une fois ces deux marches funèbres
Que laissent Beethoven et Chopin, ces grands morts,
Pour les agonisants, pèlerins des ténèbres,
Qui s’en vont au cercueil, graves et sans remords.

Plaque nerveusement sur les touches d’ivoire
Ces effrayants accords, glas de l’humanité,
Où la vie en mourant exhale un chant de gloire
Vers l’azur idéal de l’immortalité.

Et tu seras bénie, et ce soir dans ta chambre
Où tant de frais parfums vocalisent en chœur,
Poète agenouillé sous tes prunelles d’ambre,
Je baiserai tes doigts qui font pleurer mon cœur !

(Les Névroses, p. 52)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Marches funèbres de Maurice Rollinat.

Maurice Rollinat était exigeant sur la qualité de ses interprètes et nous savons que seule la chanteuse Yvette Guilbert trouvait grâce à ses yeux pour la mise en valeur musicale de ses poèmes.

 

Le chant, le côté théâtral, l’art de la mise en scène :

La voix de Maurice Rollinat étonnait car il avait des intonations étranges, presque impossibles à reproduire. Le côté gestuel, l’attitude, le corps légèrement penché en arrière, les cheveux volumineux et ondulés en mèches parfois endiablées, contribuaient à créer une certaine atmosphère que nous retrouvons dans les tableaux de peintres de son époque comme dans celui de Tiret-Bognet représentant Rollinat chantant, probablement devant Manet, avec au piano Charles Cros (tableau du musée Bertrand à Châteauroux).

Sa manière de taper sur le piano, sa voix forte et vibrante lui étaient très personnelles. Il gardait aussi ce côté théâtral lorsqu’il récitait ses poèmes. Cette manière d’être, créait un envoûtement. Il captait et captivait son public qui oubliait tout.

Dans son poème « Langage du Rêve », il relie les mots, l’expression du langage et le rythme de la musique, empli de mélancolie. Proches de Baudelaire mais aussi typiquement rollinatiens, surgissent le « cri » et « la pensée obscure et folle », « grinçant comme un cauchemar » mais Rollinat ne quitte pas sa ligne directrice, celle de la beauté.

LANGAGE DU RÊVE

Des sons devenant la parole
De tout l’humain inexprimé,
Comme un cri nombreux et rythmé
De la pensée obscure et folle…

Un langage extraordinaire
Qui vous chante autant d’inconnu
Que la mer, le ruisseau menu,
Le vent, la pluie et le tonnerre…

Un bruit subtil, ensorcelant
Grinçant le cauchemar, parlant
La nature et le fantastique,

Assez mélancolique et beau
Pour interpréter le tombeau
Et l’au-delà… C’est la Musique !

(Fin d’Œuvre, pp. 75 et 76)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Langage du rêve de Maurice Rollinat.

 

L’art déclamatoire :

La chanteuse Yvette Guilbert qui a écouté Rollinat déclamer et chanter, a été subjuguée. Elle écrit : « Rollinat ! Poète et musicien ! Personnage des Contes d’Hoffmann, follement, macabrement, inoubliablement impressionnant quand, assis au piano, il vous chantait ses œuvres… Le Paganini des cordes vocales ! Tous les tonnerres et tous les zéphyrs dans la voix, l’âme d’un démon ou celle d’un séraphin dans les gammes expressives de sa déclamation, le visage torturé, l’œil rouge en feu, sous les flammes noires tordues de ses cheveux qui prenaient par moments des airs de serpent lui léchant le front. Une bouche formidable (…). » (cité par Émile Vinchon, La Musique de Maurice Rollinat, pp. 111 et 112)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le thème L'art déclamatoire de la conférence Maurice Rollinat au coeur des arts.

Dans Ruminations, Maurice Rollinat nous transmet avec fougue, sa vision sentimentale et viscérale de cet art :

« L’Éloquence est une si torrentueuse et brûlante houle d’émotion pour l’esprit raisonneur comme pour le pur sentiment, qu’électrisant les nerfs, fouillant les moelles, elle fait, semble-t-il, battre et se dilater à l’unisson deux cœurs béants chez le même homme. » (Maurice Rollinat, Ruminations, p. 240)

L’art déclamatoire de ce poète est étonnant ainsi que son art de la mise en scène. En effet, Rollinat est très doué pour mettre en valeur ses poèmes ce qui a contribué aussi à son succès parisien, en particulier aux Hydropathes fondé par Émile Goudeau en 1878 et au cabaret du Chat Noir ouvert par Rodolphe Salis en 1881. Rollinat est tout de suite remarqué et retiendra longtemps l’attention de tous.

Nous ne pouvons oublier « L’amante macabre » qui crée peu à peu, un envoûtement envahissant la pensée : magie, horreur, frisson de l’épouvante dominent le spectateur. Voici le début de ce poème si connu :

L’AMANTE MACABRE

A Charles Buet.

Elle était toute nue assise au clavecin ;
Et tandis qu’au dehors hurlaient les vents farouches
Et que Minuit sonnait comme un vague tocsin,
Ses doigts cadavéreux voltigeaient sur les touches.

Une pâle veilleuse éclairait tristement
La chambre où se passait cette scène tragique,
Et parfois j’entendais un sourd gémissement
Se mêler aux accords de l’instrument magique.

(…)

(Les Névroses, p. 255)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème L'Amante macabre de Maurice Rollinat.

 

La danse

D’une certaine manière, avec Rollinat, les poèmes dansent car à travers les mots que le poète utilise, les sons qui reviennent, les vers lus semblent animés de frénésie ; ils valsent comme dans le ciron, cet acarien presque microscopique, qui avec le poète, entre dans une sarabande tourbillonnante et magique :

LE CIRON

Corps sensible,
Si vivant…
Décevant
D’invisible,

Pur fantôme
Du menu,
Pour l’œil nu
Presque atome,

Le ciron
Va, vient, cherche,
Descend, perche,
Sûr et prompt.

Miniature
Du petit
Que nantit
La nature,

D’abondance,
De sens clair,
Et d’un flair
De prudence,

Il pâture
Où qu’il soit,
Reste coi,
S’aventure.

Être, objet,
Rugueux, lisse,
Il y glisse
Son trajet.

Il a tout :
Attitudes,
Habitudes,
Humeurs, goût,

Genre, usage…
S’il lui plait,
Il est sage
Ou follet.

Il se livre
Au secret
Si discret
Des vieux livres.

Solitaire,
Clos, casé,
Tout grisé
De mystère,

Il vit là,
Dans leurs feuilles,
Se recueille
Bien à plat.

Sans témoin,
Dans cette ombre,
Dont s’encombre
Son recoin,

Tout poudreux
Des années,
Passe heureux
Ses journées.

Tel il est,
Particule,
Minuscule
Ou fluet.

Tel il erre,
Brin du brin,
Moins qu’un grain
De poussière.

Joli rien,
Rêve, existe,
Dors, subsiste,
Tenant bien

Ton manège,
Inconnu…
L’exigu
Te protège.

Mais, pressens
Les sévères
Ronds de verres
Grossissants,

Garde un doute,
Un frisson
De soupçon !...
Crains, redoute

Que sur toi,
La lentille
N’écarquille
Son œil froid.

(Les Bêtes, pp. 33 à 38)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Le ciron de Maurice Rollinat.

 

La peinture :

Elle fait partie intégrante de l’œuvre poétique de Rollinat au vu du nombre de couleurs utilisées par le poète, par petites touches comme celles d’une palette de peintre, et au vu de l’intérêt et même de l’amitié des peintres pour lui. De très nombreux l’ont immortalisé ou lui ont rendu hommage : Fernand Maillaud, Eugène Alluaud, Allan Osterlind, Claude Monet, et tant d’autres.

Maurice Rollinat déploie sa palette des couleurs en poésie, en demi-teintes et nuances grises avec beaucoup d’art dans :

BALLADE DE L’ARC-EN-CIEL

A François Captier

La végétation, les marais et le sol
Ont fini d’éponger les larmes de la pluie ;
L’insecte reparaît, l’oiseau reprend son vol
Vers l’arbre échevelé que le zéphyr essuie ;
Et l’horizon lointain perd sa couleur de suie.
Lors, voici qu’enjambant tout le coteau rouillé,
Irisant l’étang morne et le roc ennuyé,
S’arrondit au milieu d’un clair obscur étrange
Le grand fer à cheval du firmament mouillé,
Bleu, rouge, indigo, vert, violet, jaune, orange.

Les champignons pointus gonflent leur parasol
Qui semble regretter l’averse évanouie ;
Le grillon chante en ut et la rainette en sol ;
Et mêlant à leur voix sa stupeur inouïe,
Le soir laisse rêver la terre épanouie.
Puis, sous l’arche de pont du ciel émerveillé
Un troupeau de brouillards passe tout effrayé ;
Le donjon se recule et de vapeurs se frange,
Et le soleil vaincu meurt lentement noyé,
Bleu, rouge, indigo, vert, violet, jaune, orange.

Tandis que dans l’air pur grisant comme l’alcool
Montent l’acre fraîcheur de la mare bleuie
Et les hennissements des poulains sans licol,
Le suprême sanglot de la nature enfuie
Va s’exhaler au fond de la nue éblouie,
Et sur l’eau que le saule a l’air de supplier,
Du cerisier sanglant à l’ocreux peuplier,
Dans une paix mystique et que rien ne dérange,
On voit s’effacer l’arc impossible à plier
Bleu, rouge, indigo, vert, violet, jaune, orange.

ENVOI.

O toi, le cœur sur qui mon cœur s’est appuyé
Dans l’orage du sort qui m’a terrifié,
Quand tu m’es apparue en rêve comme un ange,
Devant mes yeux chagrins l’arc-en-ciel a brillé,
Bleu, rouge, indigo, vert, violet, jaune, orange.

(Les Névroses, pp. 128 et 129)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Ballade de l'Arc-en-ciel de Maurice Rollinat.

Rollinat utilise très souvent certaines couleurs, le bleu violet dans le poème « Les Prunelles » (Les Névroses, p. 180), le vert dans « Ballade des Lézards verts » (id., p. 198), le bleu dans « Les yeux bleus » (id., p. 33), le brun dans « La Ruine » (id., p. 355), le topaze dans « Le Boudoir » (id., p. 332), le noir dans « Les Rocs » (id., p. 204).

Parfois il emploie des couleurs gaies comme dans « Le Champ de Blé » tel un tableau à la Monet. Mais à côté de l’or des blés, reviennent des notes sombres, des tons « cuivreux » et « violet » qui reflètent sa tendance au spleen.

(…)
Bluets, coquelicots, tiges entremêlées,
Ici, là, montaient haut presque jusqu’aux épis ;
Ailleurs, sous des chardons violets assoupis,
Le froment rabattait ses têtes barbelées.

Et muet et léger comme un zéphir d’été
Sur un étang cuivreux engourdi dans sa vase,
L’insecte nonchalant voltigeait en extase
Sur cette nappe d’or dans l’immobilité.
(…)

(La Nature, p. 16)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Le Champ de Blé de Maurice Rollinat.

Citons deux passages de « Prairies enchantées », titre d’un chapitre de En Errant : Proses d’un solitaire dans lesquels la description très fine et précise est comme une poésie en prose. Un peintre pourrait sans problème, reproduire les teintes exprimées ici avec des mots :

« Le ciel avait une couverture uniforme de nuage blanc-bleuâtres et couleur cendre et fumée dont, çà et là, les déchirures et accrocs formaient de minuscules îlots d’azur et de lumière, ce qui adoucissait la gravité des feuillages, déchagrinait un peu la mélancolie de l’espace. » (En Errant, p. 169)

Plus loin, il mêle avec beaucoup d’originalité, la vie et la mort en couleurs, dans la nature : « les plus riches teintes des chromes et des chlores, des safrans et des ocres, des ors et des topazes. » (id., p. 176)

 

La photographie :

Nous pouvons considérer Maurice Rollinat comme un photographe en poésie car il sait cadrer son sujet, avoir le déclic d’un instant à conserver et le décrire, figer un moment en pose, mettre des notes de couleur. Il a l’art de la minutie, de l’observation indispensable à tout artiste comme dans ses descriptions de paysage ou des gens de la campagne pris sur le vif.

N’oublions pas qu’il a aussi été un poète photographié. Durant l’été 2013, une exposition à Éguzon (Indre) a été consacrée à l’art photographique du temps de ce poète et des photos de Rollinat ont été exposées : Rollinat pêcheur à la ligne, avec sa compagne Cécile Pouettre, avec son chien, ses amis, l’abbé Daure, Rollinat au piano, Rollinat vieillissant…

Rollinat sait créer une atmosphère avec des demi-teintes, des plans nets et d’autres flous comme dans « Ballade de l’Arc-en-ciel » (Les Névroses, p. 128) à travers des expressions très suggestives, proches de termes employés en photographie, « clair-obscur », « firmament mouillé », « troupeau de brouillards », « soleil noyé ».

Dans « Le Mirage », Maurice Rollinat décrit très bien, à la manière d’un photographe, les teintes des nuages aux nuances variées et leurs reflets dans l’étang, la fusion du ciel et de l’eau :

LE MIRAGE

Le ciel ayant figé ses grands nuages roses,
Émeraudés, lilas, cuivreux et violets,
L’étang clair, miroitant dans la douceur des choses,
Renvoya leur image avec tous ses reflets.

Dans l’onde, sous le souffle errant des vents follets,
Gardant leur infini, leurs airs d’apothéoses,
Leur éclat, leur magique et leur lointain complets,
Ils dormaient, invoilés, la langueur de leurs poses.

La voûte et lui fondus, ne faisant qu’un ensemble,
L’étang, du même bleu lisse et profond qui tremble,
Autant qu’elle, vivait ses décors glorieux :

Tel était le pouvoir du plus beau des mirages
Que j’admirais le ciel, sans relever les yeux,
Prenant l’eau pour l’azur avec tous ses nuages.

(Paysages et Paysans, p. 21)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Le Mirage de Maurice Rollinat.

Maurice Rollinat prend avec talent, une photo en poésie, en décrivant un paysage, un ciel et aussi avec délicatesse, des papillons près des fleurs :

FLEURS-PAPILLONS

Papillons blancs, papillons roses,
Papillons bleus et violets,
Par leurs teintes, frissons et poses,
Sont les petits frères follets,
Mélancoliques et muets,
Des marguerites et des roses,
De la pensée et des bleuets.

Oscillant, les papillons rouges
Évoquent soudain dans les airs
Le haut coquelicot qui bouge.
Se balance à tort à travers,
Au zéphir que sa fuite emporte,
(…).

Ayant des tons fanés et vieux,
Des couleurs tendres et nouvelles,
Les chers papillons gracieux
Sont pour le rêve de mes yeux,
Toutes les fleurs, avec des ailes.

(Les Bêtes, pp. 13 à 16)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Fleurs-Papillons de Maurice Rollinat.

Maurice Rollinat a aussi l’art du portrait comme en témoignent ces descriptions imagées et savoureuses de gens de la campagne :

LE FORGERON

Dans sa forge aux murs bas d’où le jour va s’enfuir,
Haut, roide, et sec du cou, des jambes et du buste,
Il tire, mécanique, en tablier de cuir,
La chaîne d’acier clair du grand soufflet robuste.
(…)

(Paysages et Paysans, p. 224)

 

LE PÊCHEUR D’ÉCREVISSES

Nez plat, grosse bouche en fer d’âne,
Et, sous les pommettes deux creux
Dans un long visage cireux,
Tout en menton et tout en crâne ;

Glabre, sec et la peau ridée ;
Un petit œil vif et louchon ;
Une jambe en tire-bouchon,
L’autre racornie et coudée ;
(…)

(Paysages et paysans, p. 233)

 

LE SCIEUR DE LONG

Voûté haut sur la grande chèvre
Enchaînant un frêne équarri,
Le vieux parle, et son gars contrit
L’écoute, en se mordant la lèvre.
(…)

(Paysages et Paysans, pp. 243 à 245)

 

LE BRACONNIER

Contre sa jambe, à plat, collant sa canardière,
Voûtant son maigre buste au veston de droguet,
Silencieux glisseur, l’œil et l’oreille au guet,
Il longe un des plus creux dormants de la rivière,
(…)

(Paysages et Paysans, p. 279)

 

LA MENDIANTE

Bissac vide, et pas un petit sou dans les poches,
La mendiante, au soir, traîne un pas de crapaud,
Comme un fantôme lent sous son mauvais capot
Que, de chaque côté, vont tirochant ses mioches.
(…)

(Paysages et Paysans, p. 280)

 

En union avec tous les artistes :

Rollinat est bien au cœur des arts puisqu’il clame l’emprise que les grands artistes ont sur lui, tel Edgar Poe dont il a traduit un certain nombre de poèmes (publiés dans Fin d’Œuvre) car il était fasciné par cet écrivain qui a laissé une empreinte fantastique dans sa poésie. Il lui a consacré un poème :

EDGAR POE

Edgar Poe fut démon, ne voulant pas être Ange.
Au lieu du Rossignol, il chanta le Corbeau ;
Et dans le diamant du Mal et de l’Étrange
Il cisela son rêve effroyablement beau.

Il cherchait dans le gouffre où la raison s’abîme
Les secrets de la Mort et de l’Éternité,
Et son âme où passait l’éclair sanglant du crime
Avait le cauchemar de la Perversité.

Chaste, mystérieux, sardonique et féroce,
Il raffine l’Intense, il aiguise l’Atroce ;
Son arbre est un cyprès ; sa femme, un revenant.

Devant son œil de lynx le problème s’éclaire :
– Oh ! comme je comprends l’amour de Baudelaire
Pour ce grand Ténébreux qu’on lit en frissonnant !

(Les Névroses, p. 56)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Edgar Poe de Maurice Rollinat.

Ne soyons pas étonnés que Balzac ait captivé Rollinat. Ce chercheur de l’analyse des caractères et des âmes, de la description des gouffres, du mal, ne pouvait laisser indifférent Rollinat.

BALZAC

A Julien Penel.

Balzac est parmi nous le grand poète en prose,
Et jamais nul esprit sondeur du gouffre humain,
N’a fouillé plus avant la moderne névrose,
Ni gravi dans l’Art pur un plus âpre chemin.

D’un siècle froid, chercheur, hystérique et morose
Il a scruté le ventre et disséqué la main ;
Et son œuvre est un parc sensitif où la rose
Fait avec l’asphodèle un ténébreux hymen.

Mineur amer, piochant la houille des idées,
Il est le grand charmeur des âmes corrodées
Par le chancre du spleen, du doute et du remord ;

Et la société, ridicule et tragique,
Mire ses passions dans ce cristal magique,
Double comme la vie et nu comme la mort.

(Les Névroses, p. 57)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Balzac de Maurice Rollinat.

Dans le poème « L’introuvable », Rollinat consacre une strophe aux artistes qu’il aime qu’ils soient peintres, écrivains, musiciens, prouvant encore son intérêt pour la multiplicité des arts :

(…)
As-tu peur du remords plus que du mal physique,
Et vas-tu dans Pascal abreuver ta douleur ?
Chopin est-il pour toi l’Ange de la musique,
Et Delacroix le grand sorcier de la couleur ?
(…)

(Les Névroses, p. 39)

Dans Ruminations, en union avec toutes les formes d’art, Maurice Rollinat clame :

« L’Art plastique idéalise la contemplation avec ses œuvres, parfois si surhumaines, qu’elles arrivent à fixer de la vie, à être le surgissement d’un fantôme, la figure d’une pensée, le rêve devenu visible, la nature même qui se remontre. » (Ruminations, p. 240)

 

Conclusion

Créateur au cœur des arts, Maurice Rollinat n’a jamais fini de nous surprendre. Même isolé dans la campagne profonde, pendant les vingt dernières années de sa vie passée à Fresselines, il continue son chemin artistique. Il a toujours créé ses œuvres avec passion, même après les rancœurs et les déceptions. Il ne s’est jamais posé la question d’arrêter.

Nous terminerons avec un poème peu connu, « Les Météores », inclus dans son livre Fin d’œuvre. Maurice Rollinat rend hommage à de nombreux écrivains : Baudelaire, Victor Hugo, Lamartine, Alexandre Dumas, Balzac, George Sand, Musset, Alfred de Vigny, Gauthier, Louis Hyacinthe Bouilhet (disciple de Flaubert), Flaubert, Baudelaire, Pierre Dupont (chansonnier et poète français, 1821 – 1870), Barbey d’Aurevilly, Théodore de Banville, Leconte de Lisle.

LES MÉTÉORES

(Imité des Phares de Baudelaire)

Hugo ! monde farouche ! Etna de poésie !
Pour l’éteindre, la mer n’aurait pas assez d’eau.
Prodigieux contraste ! immense fantaisie !
Créant Esméralda près de Quasimodo !…

Hugo ! c’est le clairon gigantesque qui sonne
La fanfare du droit et de la liberté !
Et ses vers, blancs chevaux que l’art caparaçonne,
Galopent dans la nuit du rêve illimité.

Barbier ! brasier lyrique où l’ïambe s’allume !
Forge cyclopéenne et rugissante ! enfer
Où le métal rougi se tord sur une enclume
Que martèlent sans fin des assommeurs de fer.

Lamartine ! Eden pur où des harpes étranges
Vibrent si doucement dans un air embaumé
Qu’on dirait un écho de la lyre des anges
Tombé du haut du ciel sur le monde charmé.

Alexandre Dumas ! où les drames bouillonnent,
Phalange de héros fiers comme des défis !
Vaste océan d’humour que les rires sillonnent,
O colosse ! à quelle œuvre énorme tu suffis.

Balzac ! burin du siècle imprégné de névrose
Qui, sur tous les métaux avec férocité,
Se condamne à graver des poèmes en prose
Où vibrent les sanglots de la modernité.

Balzac ! sombre théâtre où l’humanité joue,
Rue étrange où l’avare au bras de la catin
Passent, la boue au cœur et le fard sur la joue,
Suivis de l’adultère infâme et clandestin !

George Sand ! à jamais reine des bucoliques !
Musique des baisers d’une exquise longueur !
Clairière de l’extase, où les mélancoliques
Vont se griser d’amour, de vague et de langueur.

Musset ! île de foi dans l’océan du doute,
Rêve d’amour éclos sur un corps acheté,
Poison délicieux qu’on aime et qu’on redoute
Tant l’ivresse qu’il donne a de morosité.

De Vigny ! crépuscule automnal où l’on hume
Le mystère des bois, où l’oiseau jase encor
Et qu’attriste parfois au milieu de la brume
La fanfare plaintive et lointaine du cor.

Gautier ! ciseau païen sculptant dans la matière
Les glorieux contours d’un buste sans égal,
Palais de la couleur, où la nature entière
Rit sur des plafonds d’or embrumés d’idéal.

Bouilhet ! ravin boisé dont les bruits vous enchantent,
Savoureur d’exotisme et barde magicien,
Qui dans un chatoiement d’escarboucles qui chantent
Evoque tout un monde antédiluvien.

Flaubert ! scalpel des sens et bistouri de l’âme
Qui fouille l’être et sonde impitoyablement
Cette lubricité qui s’appelle : la femme,
Et cette lâcheté qui s’appelle : l’amant.

Baudelaire ! Élixir de spleen et d’ironie,
Harem vertigineux des modernes Saphos !
Bal sinistre où l’orchestre a des sons d’agonie,
Et que la mort traverse en agitant sa faux.

Pierre Dupont ! senteur, âme des sapinières,
Hymne des raisins mûrs et des jaunes épis,
Clair de lune irisant les flaques des marnières,
Pacage ensoleillé plein de bœufs accroupis.

Barbey d’Aurevilly ! c’est la plume effroyable,
La plume qui fait peur au papier frémissant,
Car elle écrit les mots que lui dicte le diable
Avec du vitriol, des larmes et du sang.

Banville ! buisson vert où fauvettes et merles
Chantent avec tant d’art que plus d’un rossignol
Jalouse leur gosier d’où s’échappent en perles
Le lyrisme d’Orphée et l’entrain de Guignol.

Et Leconte de Lisle ! âme des pics farouches
Contre qui vainement la foudre se rua !
Forêt vierge où se mêle au vol des oiseaux-mouches
Le rampement du tigre et du serpent boa.

Poètes ! vin du cœur ! suprême friandise !
Je m’abreuve à longs traits de vos chères saveurs !
La vie est un enfer où je m’emparadise
Puisque je bois votre âme, ô sublimes rêveurs !

(Fin d’Œuvre, pp. 147 à 152)

Peinture à la cire de Catherine Réault-Crosnier illustrant le poème Les Météores de Maurice Rollinat.

 

Décembre 2013 / mars2014

Catherine RÉAULT-CROSNIER

 

Bibliographie

Livres de Maurice Rollinat utilisés :

- Rollinat Maurice, Les Névroses, G. Charpentier, Paris, 1883, 399 pages
- Rollinat Maurice, La Nature, poésies, G. Charpentier et E. Fasquelle, Paris, 1892, 350 pages
- Rollinat Maurice, Les Bêtes, Bibliothèque Charpentier, E. Fasquelle, Paris, 1911, 222 pages
- Rollinat Maurice, En errant, proses d’un solitaire, Bibliothèque Charpentier, E. Fasquelle, Paris, 1903, 325 pages
- Rollinat Maurice, Ruminations, Bibliothèque Charpentier, E. Fasquelle, Paris, 1904, 296 pages
- Rollinat Maurice, Fin d’Œuvre, Bibliothèque Charpentier, E. Fasquelle, Paris, 1919, 341 pages

Autres livres :

- Miannay Régis, Maurice Rollinat, Poète et Musicien du Fantastique, imprimerie Badel, Châteauroux, 1981, 596 pages
- Vinchon Émile, La musique de Maurice Rollinat, imprimerie D. Masset, Le Blanc, 1934, 157 pages

 

NB : Pour avoir plus d’informations sur Maurice Rollinat et l’Association des Amis de Maurice Rollinat, vous pouvez consulter sur le présent site, le dossier qui leur est consacré.